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L’idéal contemplatif

Photo: Courtoisie Missionnaires de l'Évangile
Photo: Courtoisie Missionnaires de l'Évangile
Écrit par Francis Denis

La révolution au plan théorique, décrite dans mes deux articles précédents (Après Kant, le déluge et Une encyclique politique ?) ne pourra pas se faire sans être accompagnée d’un mode de vie respirant, pour ainsi dire, de celle-ci. Nous devrons donc abattre le mur qui nous détache de notre histoire occidentale et reconsidérer à sa juste valeur une époque depuis longtemps mise au rancart: le Moyen âge.

Du point de vue des philosophies dites modernes, l’époque médiévale était un âge sombre où régnaient l’obscurantisme et la superstition et d’où le savoir scientifique et technologique avait eu la plus grande misère du monde à surgir. Une vision réellement écologique nous oblige aujourd’hui à sortir de cette vision de l’histoire.

Une vision intégrale du monde demande à ce que nous reconsidérions les grands idéaux de l’époque médiévale qui, contrairement à la modernité, avaient placé comme sommet et fin de la société l’idéal contemplatif tel qu’accompli, le plus souvent, dans les monastères. En effet, pour le Pape :

L’intention créatrice du beau et sa contemplation arrivent à dépasser le pouvoir objectivant en une sorte de salut qui se réalise dans le beau et dans la personne qui le contemple. (Laudato si’, no 112)

Bien que les formes que pourraient prendre les sociétés qui décideraient de prendre ce virage puissent être très différentes les unes des autres, il n’en demeure pas moins qu’elles sortiraient de « la spirale d’autodestruction dans laquelle nous nous enfonçons » (no 127).

Ainsi, comme le disait le Patriarche orthodoxe de Constantinople Bartholomée: « de passer de la consommation au sacrifice, de l’avidité à la générosité, du gaspillage à la capacité de partager, dans une ascèse qui « signifie apprendre à donner, et non simplement à renoncer » (no 9).

Pendant ce temps à Sherbrooke…

Saint Bonaventure disait que « la contemplation est d’autant plus éminente que l’homme sent en lui-même l’effet de la grâce divine et qu’il sait trouver Dieu dans les créatures extérieures » (no 233). En ce sens, à Sherbrooke cette année, une nouvelle communauté est née dans le silence de la prière et l’étude assidue: Les missionnaires de l’Évangile (en photo).

Une bande de jeunes « fous de Dieu » ont décidé de tout donner au Seigneur et de vivre concrètement cette invitation du pape François à refonder radicalement l’idéal auquel nous devons aspirer si nous voulons respecter notre nature intérieure et extérieure. Une vie de prières, et d’études vécue dans la simplicité de l’amitié fraternelle et au rythme des saisons, voilà ce qu’ils ont choisi de vivre radicalement.

Saisissons l’occasion qu’est leur exemple d’une vie joyeuse et dépouillée pour nous convaincre qu’une autre vie est possible pour nous tous. Et pour ceux qui désireraient suivre leurs pas à leurs côtés, sachez qu’ils ont même ouvert l’école de la foi Veritas. N’hésitez pas, leurs bras missionnaires vous accueilleront chaleureusement.

À propos de l'auteur

Francis Denis

Francis Denis détient un baccalauréat en philosophie et une maitrise en théologie de l’Université Laval. Il a également obtenu un baccalauréat en théologie de l'Université pontificale de la Sainte Croix à Rome. Il est actuellement journaliste et producteur à la Fondation catholique Sel et Lumière média et directeur de la production du bureau de Montréal.

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