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L’Halloween m’emmerde (et je lui rends bien)

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Photo: Andrii Leonov/Unsplash
Écrit par Antoine Malenfant

J’ouvre ma radio de char. Une animatrice populaire demande aux chroniqueurs s’ils ont eu un party d’Halloween en fin de semaine passée… ou si ça ira plutôt au prochain weekend.

Sapristi.

La question n’était pas « avez-vous un party d’Halloween avec vos collègues, ou avec vos familles? », mais plutôt « quand fêterez-vous l’Halloween? ».

Je pourrais vous déballer pendant plusieurs phrases à quel point l’Halloween c’est le comble de la célébration du mauvais gout, une compétition de décos en plastique cheap, une dépense folle en temps/argent/énergie pour aller ramasser des cochonneries qu’on a pourtant déjà chez soi et qu’on offrira au petit Mathias-le-Pokémon et à la petite Océane-Gilda-la-girafe qui viendront cogner alors que j’essaie d’endormir Rachel-en-pyjama-une-pièce.

Je pourrais vous dire que la tarte aux citrouilles c’est dégueulasse, mais pas aussi dégueulasse que les millions de tonnes de cucurbitacées qui se font garrocher à la poubelle au matin de la Toussaint.

Je pourrais faire tout ça, mais :

  1. J’aurais l’air snob et cynique;
  2. Et ça ferait de la peine à mes enfants.

Comme mes enfants ne lisent pas mes billets, vous pouvez considérer seulement la raison no 1.

Oh! La belle princesse!

On me demandait dernièrement si, en tant que papa wannabe catho, je passais aux maisons pour l’Halloween.

C’est non.

Je laisse plutôt ce doux plaisir à ma douce épouse. Je ne voudrais surtout pas faire peur aux voisins…

Plus sérieusement, je trouve la question super intéressante : peut-on se réclamer du Christ, Seigneur de la Vie, tout en participant à une médiocre mascarade qui acclame la mort?

Aussi, peut-on attacher les enfants dans le fond d’un placard jusqu’au lendemain, en attendant que ça passe, pour les préserver des « esprits mauvais » qui rôdent dans les rues ce soir-là sans risquer de refouler chez eux une folle envie de cultes païens, de cosplay et de grand-messe du Comiccon?

L’autre option serait d’over-christianiser la patente. Or, déguiser mes enfants en sainte Marguerite Bourgeoys n’est pas pantoute ma tasse de thé.

Qui me dit que ce que je réprime catégoriquement aujourd’hui n’explosera pas, dix ou vingt ans plus tard, comme une bombe à retardement? Voir mon fils se déguiser à 9 ans = cute. Voir mon fils se déguiser à 29 ans = moins cute.

L’autre option serait d’over-christianiser la patente. Or, déguiser mes enfants en sainte Marguerite Bourgeoys n’est pas pantoute ma tasse de thé. Pas plus d’ailleurs que de les métamorphoser en zombie dégoulinant.

(De toute façon, j’ai eu beau vérifier dans tous les Wal-Mart de la région : pas de costume de sœurs de la Congrégation Notre-Dame.)

Misons plutôt sur l’illusion, le temps d’une soirée, d’une vie de quartier semi-animée. Cogner aux portes et entendre Mme Beaulieu dire « Oh! La belle princesse! Oh! Le beau policier! » ne fait de mal à personne.

Divine providence

Anyway, cette année, l’Halloween risque de tomber à l’eau. Littéralement.

Météomédia annonce 50 millimètres de pluie demain soir. Et, à la vue de cette nouvelle, ma joie est aussi élevée que le désarroi de mon petit policier, ma petite princesse, etc.

Certains diront que j’exagère, mais personne ne pourra m’enlever le plaisir d’y voir une énième manifestation de la bienveillante providence divine dans ma vie!

Il parait que le ciel va se dégager pour la Toussaint…

À propos de l'auteur

Antoine Malenfant

Marié et père de famille, Antoine est diplômé en études internationales, en langues et en sociologie. À la tête de l’équipe de rédaction du Verbe depuis 2013 et directeur artistique de la publication, il anime chaque semaine, depuis septembre 2016, l’émission radiophonique On n’est pas du monde.

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