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Dieu ne promet pas le bonheur

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Photo: Neon Brand/Unsplash
Écrit par Sylvain Aubé

Deux faux évangiles, qui découlent de la même erreur, se répandent parmi les chrétiens. Je parle ici de l’évangile du bonheur et celui de la prospérité.

Depuis quelques décennies, l’évangile de la prospérité est très présent aux États-Unis et en Afrique. Selon cette interprétation de la révélation chrétienne, Dieu promet la richesse matérielle à ses fidèles comme signe de faveur divine.

Or, il faut savoir que la plupart des chrétiens dénoncent cette interprétation en soutenant qu’elle contredit des enseignements fondamentaux de Jésus-Christ.

En effet, ceux qui croient que Dieu promet la prospérité sombrent dans une double dérive.

D’une part, leurs espoirs seront mal fondés. Ils désirent et ils s’attendent à une abondance financière difficile, mais pas impossible, à concilier avec la spiritualité chrétienne.

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D’autre part, si la prospérité n’arrive pas, ils croiront à tort que Dieu leur refuse ses faveurs. Tout cela détourne la foi des fidèles les moins enracinés.

Un autre faux évangile se répand parmi les chrétiens, mais il est plus subtil et plus commun que l’évangile de la prospérité. Je parle ici de l’évangile du bonheur.

Selon cet évangile, Dieu promet le bonheur terrestre et ce bonheur est un signe de faveur divine.

Cette erreur découle de l’enseignement vrai selon lequel Dieu promet une joie éternelle, et que ses fidèles peuvent commencer à gouter à cette joie dès aujourd’hui sur la Terre.

L’erreur — aussi subtile que grave — est de déduire de cet enseignement que la joie promise par Dieu est la plus stricte équivalence du bonheur terrestre.

La joie malgré le malheur

Je prends un exemple précis pour illustrer cette erreur : les martyrs.

Durant les premiers siècles de notre ère, des communautés entières de chrétiens ont été jetées aux lions dans les cirques romains.

Des parents ont vu leurs enfants dévorés vifs par les fauves pour amuser une foule cruelle qui savourait leurs tourments. Il leur aurait suffi de renier leur témoignage en la résurrection du Christ, et leur famille aurait été épargnée.

Ces premiers témoins ont malgré tout préféré subir cette horreur plutôt que de trahir leur foi.

Dieu n’est pas intervenu pour sauver ces victimes innocentes. Il a permis que cette souffrance atroce et injuste afflige ses serviteurs les plus fidèles.

Dieu n’est pas intervenu pour sauver ces victimes innocentes. Il a permis que cette souffrance atroce et injuste afflige ses serviteurs les plus fidèles. Il n’a pas secouru ceux qui l’ont supplié de leur éviter cette épreuve.

En termes de bonheur, le sort des martyrs est le pire qu’on puisse craindre. C’est une fin terrible et indigne.

Les chrétiens estiment-ils que Dieu a abandonné les martyrs?

Déplorent-ils que Dieu ait renié ses promesses à ses premiers fidèles? Pas du tout.

Les chrétiens reconnaissent que les martyrs ont été héroïques dans leur persévérance. Mais, au final, leur sort n’est pas pire que celui de l’ensemble des fidèles.

Ils sont morts comme nous mourrons tous.

Leur foi est toutefois mieux assurée que celle des disciples embourgeoisés dont la foi est ébranlée par de moindres épreuves.

On rapporte que, au moment de leur mise à mort, les martyrs continuaient à chanter des louanges pour leur Seigneur.

Malgré la terreur qui secouait chaque fibre de leur corps, leur cœur débordait de gratitude envers Dieu. Ils perdaient tout ce qu’ils chérissaient sur Terre, mais ils gagnaient tout ce qu’ils espéraient au Ciel.

Les vraies promesses

Là est la joie promise par le Dieu chrétien.

C’est une joie fondée, non pas sur le bonheur, mais sur l’espérance. Elle subsiste malgré toutes les souffrances que nous pouvons endurer durant notre vie sur Terre.

C’est une joie spirituelle, enracinée dans la conviction que notre vie est rachetée et que notre souffrance sera compensée (et non récompensée).

Voilà ce qui est promis pour l’éternité.

Qu’on me comprenne bien : je ne suggère pas que le bonheur soit incompatible avec le salut, pas plus que la prospérité. Dieu ne promet pas le malheur et la pauvreté à ses fidèles.

Qu’on me comprenne bien : je ne suggère pas que le bonheur soit incompatible avec le salut, pas plus que la prospérité. Dieu ne promet pas le malheur et la pauvreté à ses fidèles.

Bien souvent, la foi procure du bonheur et de la prospérité puisqu’elle aide à mettre de l’ordre dans une vie. Mais ces bénédictions sont indépendantes des promesses de Dieu.

Si nous sommes riches et heureux, rendons grâce et partageons ces privilèges avec les accablés. Mais l’espérance chrétienne ne porte sur rien de ce qui procure du bonheur sur Terre : ni le confort, ni le plaisir, ni la richesse, ni la santé, ni la sécurité, ni même la survie. Dieu ne promet rien de tout cela.

Dieu promet le salut, c’est-à-dire une vie sensée et justifiée dans la joie éternelle. Il nous promet ce à quoi, dans les tréfonds de notre âme, nous aspirons par-dessus tout.

Dieu ne promet rien de plus, rien de moins.

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À propos de l'auteur

Sylvain Aubé

Sylvain Aubé est fasciné par l’histoire humaine. Il aspire à éclairer notre regard en explorant les questions politiques et philosophiques. Avocat pratiquant le droit de la famille, son travail l’amène à côtoyer et à comprendre les épreuves qui affligent les familles d’aujourd’hui.

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