Société

Scoop : les cathos sont pas toujours fins

Mosaïque de la Dernière Cène, reproduction de l'oeuvre de Leonardo da Vinci (Fotolia)
Mosaïque de la Dernière Cène, reproduction de l'oeuvre de Leonardo da Vinci (Fotolia)

Une récente recherche scientifique révèle que les enfants de familles croyantes sont moins altruistes que ceux provenant de familles athées. Non seulement nous ne sommes pas surpris de ces conclusions, mais nous nous en réjouissons!

Onde de choc. Consternation. Alors que tout le monde, depuis des lustres, pensait que nous étions parfaits, il semblerait que non. Alors que certains d’entre nous, les « bons catholiques », s’étaient même autocanonisés ante-mortem, c’était un leurre.

Vous pensez encore que votre voisin (oui-oui, ce Ned Flanders qui va à la messe chaque dimanche) est un saint?

Méfiez-vous.

Une enquête scientifique, gentiment critiquée ici, récemment mise au jour par Le Monde, puis relayée – en couinant de bonheur – par Radio-Canada, nous apprend que les Flanders de ce monde sont plutôt de vilains pécheurs. Des égoïstes. Oui m’sieur-dame. Des égoïstes.

Pendant que, dans plusieurs paroisses, de nombreuses homélies sont vidées de toute référence au péché (question de ne froisser personne!), nos grands médias « indépendants » nous font la grâce de nous rappeler nos fautes.

Juste pour ça, il faut les remercier.

« L’élite » catholique

Ceux qui croient encore que les catholiques peuvent se targuer d’être l’élite morale de l’Occident n’ont qu’à visionner le récent reportage tendancieux (même s’il est loin d’être complètement faux) d’Enquête sur les scandales sexuels dans l’Église.

Les péchés dont il est question dans ce reportage sont graves. Mais il ne faut pas trop se surprendre. L’Église est faite d’hommes (pas des anges, des hommes), mais à sa tête, il y a le Christ, le Saint de Dieu.

Des estropiés, des aveugles, des toxicos, des assassins, et même des fonctionnaires du fisc sont appelés à la moisson.

C’est grâce à lui qu’on peut dire que l’Église est sainte, une et catholique. Cependant, dès les origines du christianisme, on doit reconnaitre que Dieu aime les défis : annoncer au monde entier la grandeur de son amour, mais tout ça à travers de parfaits incompétents en la matière.

Au départ, le Christ a sélectionné, dans son équipe de foot, une bonne douzaine de culs-de-jatte. Aujourd’hui, la méthode n’a pas vraiment changé. Des estropiés, des aveugles, des toxicos, des assassins, et même des fonctionnaires du fisc sont appelés à la moisson. Et j’aime croire que j’en suis.

Pas pour leurs belles qualités. Pas parce qu’ils ne sont pas des pécheurs, des égoïstes, des bandits. Mais pour que la gloire de Dieu se manifeste par ces vases d’argile, ces incroyables croyants, un peu ratés sur les bords, qui ne sont pas meilleurs que les gentils mécréants altruistes dont nous parle Le Monde.

Le salut pour les ratés?

Pourquoi nous nous réjouissons de cette étude? Parce que, un peu plus aujourd’hui qu’hier, nous pouvons annoncer au monde l’amour de Dieu à partir d’une position plus humble. Non plus comme un moralisme mosaïque (qui peut vraiment accomplir la loi, sinon le Christ?) mais comme une bonne nouvelle pour les boiteux et les pauvres.

Ainsi, on ne fait plus la promotion de nos mérites et de nos vertus.

Nous pouvons alors, avec saint Paul, mettre notre « orgueil dans nos faiblesses, afin que la puissance du Christ habite nous. (…) Car, lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort. » (2 Co 12, 9-10).

À propos de l'auteur

Antoine Malenfant

Marié et père de famille, Antoine est diplômé en études internationales, en langues et en sociologie. À la tête de l’équipe de rédaction du Verbe depuis 2013 et directeur artistique de la publication, il anime chaque semaine, depuis septembre 2016, l’émission radiophonique On n’est pas du monde.

1 commentaire

  • Une des plus belles manières de « témoigner » de notre foi aujourd’hui est d’entrer dans un confessionnal et de proclamer ainsi : « Heureux les martyres du pardon! Oui, je crois fermement qu’il y a une bonne nouvelle pour ceux qui souffrent comme pour ceux qui font souffrir. Je crois que l’amour peut circuler par les blessures. Je crois que l’imperfection n’est pas une limite à être aimé et à aimer. » Être chrétien c’est être enfant de Dieu, enfant certes imparfait, mais ô combien chéri!

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