Société

Le Baptiste et l’Incarnation

Edwin Encarnación, photo de Keith Allison (CC - wikimedia)
Edwin Encarnación, photo de Keith Allison (CC - wikimedia)

Que le tout-Canada s’intéresse soudainement

au baseball a quelque chose d’attendrissant.

Tu me diras : « j’suis ça depuis longtemps,

moi, le baseball ». Je te croirai. Même quand tu mens.

Car confessons-le, ce n’est pas un péché,

nous suivons le baseball-en-général

comme nous suivons le baseball-en-particulier.

La saison est une métaphore de la partie :

Pas possible d’être assidu, ni de rester assis.

Pour la partie, on se lève pour quérir une broue,

puis on revient à sa place pour constater

qu’on a manqué le seul coup sûr de la soirée.

Pour la saison, on allume la tivi

quand la seule équipe du pays

nous donne plus d’émotions

qu’en deux mois d’élections.

Sinon, on regarde les nouvelles,

ou Guy A.

Ou Le Banquier à TVA.

Donc, quand vous me dites que vous êtes

« un fan des Blue Jays pure race »,

je hoche de la tête

et je souris un peu, dans le coin de ma face.

Ceci dit, un fait apparemment anodin

a retenu mon attention.

Est-ce un clin d’œil divin?

Ironie du sort ou cléricale conspiration?

Les sauveurs de la « nation »

hier soir s’appelaient

Bautista et Encarnación.

 

À propos de l'auteur

Antoine Malenfant

Marié et père de famille, Antoine est diplômé en études internationales, en langues et en sociologie. À la tête de l’équipe de rédaction du Verbe depuis 2013 et directeur artistique de la publication, il anime chaque semaine, depuis septembre 2016, l’émission radiophonique On n’est pas du monde.

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