2018-07 Travail manuel Nos parutions

Travail manuel

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Photo: Le Verbe
Écrit par Web Mestre

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(Chauffer son foyer à la mitaine, présentation du dossier par Antoine Malenfantp. 14-15 de la revue)

Sur la couverture de la revue, le frère Christian nous tourne le dos. Ou ce cliché nous montre-t-il qu’il garde bien devant lui, dans sa ligne de mire, son ouvrage à l’avant-plan et le patron des travailleurs sur la toile de fond?

Frère Christian est un intello de la plus pure espèce; le voir traverser la grande bibliothèque de l’abbaye n’aurait pour moi rien d’étonnant. Mais le voir fendre du bois, brasser du cidre, en combinaison de travail, en vêtement de travail bénédictin de surcroit, ça décape la rétine («Un travail de moine», p. 10 du magazine et en ligne au www.le-verbe.com).

Le photographe Élias Djemil a bien saisi les personnages: le cidriculteur bénédictin sous les humbles auspices du charpentier de Nazareth.

Les mains sales

Tant de fois, on a la trouille.

Je veux parler de la peur qui nous tient dans la passivité – voire dans l’oisiveté – et dans l’inconcrétude éthérée de nos idées. On a la trouille de se salir les mains.

Ce dossier tire son inspiration autant de Gaudete et exsultate du pape François que de l’exemple édifiant de tous les travailleurs qui façonnent le monde de leurs dix doigts et se font «cocréateurs» avec le Créateur (Pierre Leclerc, «Cocréation assistée», p. 38).

En effet, dans la plus récente exhortation apostolique, le Saint-Père cite le cardinal François-Xavier Nguyên Van Thuân: «Je saisis les occasions qui se présentent chaque jour pour accomplir les actes ordinaires de façon extraordinaire.» Il s’agit de vivre chaque jour bien enracinés, pour reprendre une expression chère à Simone Weil, et de ne pas avoir peur d’une rencontre réelle et fréquente avec l’autre, autant dans ce qui nous plait chez lui que dans ce qui nous dérange.

Le travail manuel, c’est parfois brut. C’est parfois, aussi, le doigté du pianiste (Jean-Philippe Trottier, «La noblesse du métier», p. 48) ou la dextérité de la couturière. Le travail manuel reçoit aujourd’hui tous les mépris que lui adresse notre époque technophile. Toutefois, la terre ou l’atelier sont des lieux de fraternité que même les meilleurs programmes de «ressources humaines» ne pourront jamais créer dans les tours de bureaux de Google ou d’Amazon.

La politique de la main tendue

Pourquoi ce n’est pas un dossier sur le syndicalisme chrétien ou sur les origines catholiques des mouvements ouvriers? Comment oser faire un dossier aussi apolitique que ça sur un sujet aussi politique que le travail?

Non. Rien de plus politique que de prendre l’angle de la main pour appréhender l’homme et la femme d’aujourd’hui.

Analyser l’évolution des rapports de force entre la main-d’œuvre et les détenteurs du capital, d’autres publications s’acquittent déjà très bien de ce labeur. Mais, en même temps, Le Verbe propose ici un dossier très politique qui ne saurait, pour autant, être réduit aux antiques dichotomies gauche/droite ou progressistes/conservateurs.

Militants marxistes et bourgeois capitalistes ont tout fait pour réduire le travail à sa dimension matérielle, contribuant paradoxalement à son éventuelle dématérialisation. Ce qui nous intéresse ici, c’est – au risque de nous répéter – l’Incarnation et la Rédemption. Tout le reste doit être subordonné à cela.

La Parole de Dieu aspire à prendre corps en son Église. Comment l’Évangile pourrait-il résonner en 2018 s’il ne prenait la chair de Carl qui buche (Sarah-Christine Bourihane, «Un Dieu terre à terre», p. 16), de Louise qui brode (Valérie Laflamme-Caron, «Tissées serrées», p. 28) et de Simone qui déboulonne (Sarah-Christine Bourihane, «Le travail transfiguré», p. 24)?

Le travail manuel n’est pas une «petite voie» de salut.

Il est le chemin emprunté par le Christ lui-même (Jacques Gauthier, «Le charpentier de Nazareth», p. 36) pour nous dire toute la dignité de ceux qui suent à grosses gouttes dans leur salopette, de celles qui ont les mains pleines de callosités et d’ampoules, et de tous ceux qui chauffent leur foyer grâce au travail de leurs mains.

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