2018-01 Amour libre Nos parutions

Amour libre

Bannière amour
Bannière amour
Écrit par Web Mestre

TÉLÉCHARGER GRATUITEMENT CES NUMÉROS

(en cliquant sur les images)

     revue_leverbe_hiver2018 magazine_leverbe_hiver2018

(L’amour libre, l’amour vrai. Présentation du dossier par James Langlois, p. 12-13 de la revue)

On reproche souvent aux catholiques, et aux chrétiens en général, d’adhérer à une vision rétrograde et même contraignante de la sexualité. C’est d’ailleurs la dimension de la foi la plus critiquée: on ridiculise sans vergogne les enseignements de l’Église sur la chasteté, mais rarement ceux qui ont trait à la procession des personnes divines dans la Trinité.

Il est tout à fait légitime, après tout, de vouloir passer au crible ce qui exigerait le plus directement un changement dans notre mode de vie. Avec un peu de recul historique, nous pouvons néanmoins comprendre que nos aprioris dépendent quelquefois du contexte dans lequel nous vivons.

En effet, dans l’Antiquité, les chrétiens étaient honnis non pas parce qu’ils paraissaient exécrer la chair, mais bien plutôt parce qu’ils l’avaient sacralisée, au contraire de leurs contemporains. C’est ainsi qu’on en est venu à désigner le christianisme comme la religion du corps. Comment en serait-il autrement d’une foi en un Dieu qui s’est fait chair?

Le corps humain est ainsi devenu le moyen par excellence du salut pour l’humanité; il apparait comme l’instrument privilégié que Dieu a choisi pour nous aimer, pour se donner à nous et nous montrer comment l’imiter. C’est ce qui a fait dire à Jean-Paul II: «Le corps en effet – et seulement lui – est capable de rendre visible ce qui est invisible: le spirituel et le divin. Il a été créé pour transférer dans la réalité visible du monde le mystère caché de toute éternité en Dieu et en être le signe visible.»

La sexualité, de même que la génitalité qui en est seulement une partie, existe par conséquent en vue du don de nous-mêmes, pour faire l’expérience concrète et charnelle de l’amour-charité (agapè). La Croix en est l’exemple suprême. C’est aussi vrai toutes les fois où nous portons dans notre chair des souffrances à cause de l’autre ou pour l’autre.

Cette relation inextricable entre le corps et le cœur est sans doute la raison pour laquelle il est difficile de ne pas parler de sexualité dans un dossier censé parler de l’amour. On ne saurait cependant réduire l’un à l’autre, ni non plus les séparer. De même, on ne peut ramener au corps tout ce qui se joue au niveau de l’âme, du cœur.

Comme l’explique le philosophe Fabrice Hadjadj dans son incontournable essai La profondeur des sexes, le chrétien ne veut rien d’autre qu’aller jusqu’au bout du don de sa sexualité en intégrant toutes les dimensions de son être et en assumant pleinement tout ce qu’elles impliquent. Pas question de se morceler. C’est ce qu’on pourrait appeler «l’amour intégral» , vécu en pleine vérité.

«Amour et vérité se rencontrent», nous dit le psaume 84. Le véritable amour peut exister dans la mesure où il désire le bonheur réel de l’autre et se donner sans faux-fuyant. Le Christ nous dit, en effet, que c’est la vérité qui nous rendra libres; seulement lorsque nous sommes vidés de nos illusions et des mensonges sur nous-mêmes, sur les autres et sur notre vie, nous pouvons aimer en vérité.

Un amour libre est donc un amour vrai. Il n’est plus libre quand une dimension de notre personne est occultée et quand, dans notre vie, en l’occurrence dans notre vie affective ou sexuelle, toutes les raisons d’être de ces dimensions ne sont pas intégrées et respectées. Bref, quand elles ne prennent pas la place qui leur revient.

On pourrait dire que, pour le chrétien, le sexe au sens strict n’existe pas. Il y a seulement l’amour, qui suppose la sexualité (le fait d’être homme ou femme) et implique, dans la plupart des cas, mais pas toujours, la génitalité.

Vécu selon d’autres modalités, l’amour détruit. En fait, il n’est plus amour, mais comparaison, possession, domination, avoir raison. Il est le principe même de l’existence, de la vie, uniquement quand il découle de celui qui est l’Amour. Car Dieu est amour, nous dit saint Jean, et, que nous en soyons

À propos de l'auteur

Web Mestre

Contenu choisi par notre webmestre.

2 Commentaires

  • Réaction au texte d’Anne Sophie Richard
    Paru dans le magazine LeVerbe hiver 2018.

    J’ai lu ton texte sur la sexualité dans le magazine.
    J’aime ton combat pour ce qui est juste et éclairé. C’est un débat vital et essentiel
    dans la vie de tous. Et je le mène avec autant de force.

    Je vois bien que tu n’essaie pas de justifier une vertu, mais que la réflexion et l’expérience
    t’amènent à suggérer un ensemble de résolution impopulaire : retenue et rigueur dans une
    vigueur plus saine ; discipline intime de soi; chasteté. Un début de moral social plus humain.
    Je suis un homme et tu es une femme. Je suis très croyant et je me prosterne à l’Église.
    Sauf que je ne suis pas fondamentalement religieux. Je refuse tout dogme et toute idolâtrie.
    Je les adopte pour ma croissance puis je m’en départis. En continuant de respecter leurs formes.

    Mais oui, le sens du devoir change les choses. Imposant une idée, on devient responsable.
    Imposant une idée, on domine autrui.
    D’où la nécessité d’être parfaitement maître avant de le faire. i.e. être totalement en accord
    avec la domination divine.
    …Sérieux, en effet.
    Mais le sujet que tu traites concerne la fleur même qui donne la vie.
    Au sacre qu’effectuent deux êtres dans la fusion de leurs corps. D’où le plaisir
    intarissable de dieu ou de l’univers. _ ce moment où ils utilisent leurs libertés et brisent
    l’ordre moral qui entoure.

    Il faut donc être conscient (avec cette ouverture d’esprit qui nous est si chère) que c’est
    de cela qu’il est question : la liberté. Celui qui vient avec le risque…
    La chasteté est un contrôle de cette liberté à des fins sociales et humaines. Ou de
    consécrations.

    Dans le contexte où il faut absolument faire la guerre à l’exploitation
    du corps par le monde scientifique, je te suis totalement solidaire.

    Il faut aller beaucoup trop loin dans la perte de sa pudeur pour parler
    comme tu le fais. Il faut rejoindre ce lieu où tout nous a été voilé pour y parvenir.
    J’en connais d’autres…
    On n’est pas riches. On a fait tous les hôtels les moins recommandables.
    Mais oui, l’essentiel n’a pas de prix. Et l’amour fuse de tout part. Alors
    conserve ta passion. Et de cette flamme dangereuse, brûle dans le fantasme
    divin de cet amour.

    Christian Gagnon
    Chicoutimi, Québec
    31 janvier 2018.

Laisser un commentaire