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Un duché bien gardé

Valérie Laflamme, duchesse de Saint-Sauveur, 2016 (© François Mercier)
Valérie Laflamme, duchesse de Saint-Sauveur, 2016 (© François Mercier)

Valérie nous donne rendez-vous devant son appartement, en plein cœur de son duché – Saint-Sauveur. Elle participe cet hiver à la Revengeance des Duchesses, l’évènement créé il y a 7 ans, alors que le Carnaval avait rangé les duchesses dans le sous-sol de la mairie (avant de les ressortir quelques années plus tard).

Depuis 7 ans, en marge du Carnaval de Québec, se tient chaque année la « Revengeance ».

L’évènement se veut une alternative davantage susceptible de réunir les gens et de tisser des liens dans et entre les communautés de la ville que le Carnaval « officiel ».

Le duché

Ici, dans Saint-Sauveur comme dans les autres anciens quartiers ouvriers de Québec, les triplex et les maisonnettes sont collés sur le trottoir.

Quartier Saint-Sauveur, photo de Valérie Laflamme

Quartier Saint-Sauveur, photo de Valérie Laflamme

Si le premier coup d’œil donne l’impression d’un urbanisme dépareillé, le regard attentif y voit plutôt une inimitable harmonie, celle qu’on retrouve seulement dans les faubourgs qui ont une histoire.

En fait, des histoires, Saint-Sauveur en a des milliers à raconter. Suffit simplement d’ouvrir les yeux et les oreilles. Loin des circuits touristiques et des grandes bannières, on y croise des gens d’une authenticité qui ne se (pré)fabrique pas.

L’engagement des duchesses, elles le formulent comme ça :

Notre mission est de diversifier la prise de parole dans la ville de Québec. De donner une parole, une voix, aux femmes de la ville de Québec.

Et l’engagement de Valérie, aussi collaboratrice occasionnelle au Verbe, c’est de se servir de son diadème comme d’un passeport pour cogner à la porte de ses voisins, s’assoir avec eux, et écouter les vies qui peuplent le quartier.

Les habitants de Saint-Sauveur

La duchesse Valérie a une telle passion pour son Saint-Sauveur: elle me fait l’histoire du quartier avec des étincelles dans les yeux!

La duchesse, son diadème et la Maison Revivre, photo de Valérie Laflamme

La duchesse, son diadème et la Maison Revivre, photo de Valérie Laflamme

Saviez-vous, par exemple, que le premier attentat de l’histoire de l’aviation a été fomenté par un homme de Saint-Sauveur afin de faire périr sa femme et pouvoir ainsi rejoindre « légitimement » les bras de sa maitresse? (Il a plutôt été pendu aux côtés de sa complice…)

Sur une note plus légère – mais dans une langue pleine de poésie –, le blogue de Valérie, véritable vitrine de son bout de ville, raconte sa rencontre avec le gars de Raymond Entretien. Elle y laisse aussi de rimes touchantes sur l’Intermarché Saint-Sauveur. Elle a même livré quelques vers adressés à ce cher Régis Labeaume.

Plus récemment, la duchesse de Saint-Sauveur nous a raconté son expérience d’une messe avec les gens de l’Arche l’Étoile et de la Maison Revivre – deux organismes dont Le Verbe a déjà parlé dans un bédéreportage et un photoreportage de ses éditions papier.

Pas une compétition

Même si les citoyens sont invités à voter en ligne pour leur duchesse préférée, « La Revengeance » n’est pas un concours de beauté, ni une compétition de celle qui vendra le plus de bébelles en plastique.

Il semble même y avoir une réelle amitié entre les duchesses, qui ne se gênent pas pour participer aux activités organisées dans les duchés voisins.

*

Gens de Québec et des environs, il vous reste encore quelques jours pour voter pour votre duchesse. Suggestion de la rédaction (la duchesse de Saint-Sauveur ne m’en voudra pas) : n’oubliez pas d’aller jeter un œil à la page de Roselyne Chevrette, duchesse de Charlesbourg, qui vit avec une déficience intellectuelle. Une femme franchement étonnante!

À propos de l'auteur

Antoine Malenfant

Marié et père de famille, Antoine est diplômé en études internationales, en langues et en sociologie. À la tête de l’équipe de rédaction du Verbe depuis 2013 et directeur artistique de la publication, il anime chaque semaine, depuis septembre 2016, l’émission radiophonique On n’est pas du monde.

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