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Trouvez la puce… électronique

Photo: Pixabay - CC
Photo: Pixabay - CC

Une firme suédoise est en train de révolutionner le monde du travail. Combinant sécurité et performance, deux des plus grands idéaux auxquels aspire l’âme moderne, elle insérait l’hiver dernier une puce électronique dans la main de ses employés.

Évidemment, tout cela comporte d’innombrables bénéfices : ne pas avoir besoin de clé pour entrer au bureau, ne pas perdre de temps à entrer un code d’accès et mot de passe pour utiliser le photocopieur ou un poste informatique…

Doit-on vraiment se réjouir?

Big Brother

Bien que l’opération soit pas des plus agréables, le véritable tour de force, selon moi, consiste à obtenir des employés le consentement pour ce genre de pratiques.

Cependant, lorsqu’on regarde ce qui se passe dans le domaine de l’assurance automobile, on comprend un peu mieux. On le voit déjà, plusieurs de nos concitoyens (et vous?) acceptent de laisser entrer la technosurveillance de leur compagnie d’assurances dans leur voiture afin d’économiser quelques sous.

L’individu « pucé », un homme bionique, aux capacités augmentées par la techno, doit y trouver son compte.

Dans ce monde où on est prêt à sacrifier la liberté sur l’autel de l’économie, je me proclame l’athée de toutes ces idoles.

À cette époque où les compagnies qui traitent du Big Data en savent plus sur nous que notre propre mère, je me questionne sur notre capacité critique face aux nouvelles bébelles flashy-flash.

Ce n’est qu’un début

Hannes Sjoblad, de l’entreprise Epicenter, explique à la BBC que l’objectif est beaucoup plus vaste que d’ouvrir des portes sans broncher:

On veut être en mesure de comprendre cette technologie avant que les grosses corporations et les gouvernements viennent à nous en affirmant que tout le monde devrait être pucé : la puce du fisc, la puce de Google ou Facebook, etc. »

Ailleurs, on apprend, non sans quelques frissons dans le dos, que :

« Plus de 10 000 personnes seraient déjà implantées dans le monde. Ces puces pourraient bientôt servir de moyen de paiement, de titre de transport public, de fichier médical d’urgence en cas d’accident, etc. »

Bref, restons vigilants. Et méfiez-vous des gens bien intentionnés, comme ce singe ci-haut, qui vous proposent de vous faciliter l’accès au photocopieur… ou de vous gratter le derrière eux-mêmes. De peur qu’ils en profitent pour y glisser un géolocalisateur.

À propos de l'auteur

Antoine Malenfant

Marié et père de famille, Antoine est diplômé en études internationales, en langues et en sociologie. À la tête de l’équipe de rédaction du Verbe depuis 2013 et directeur artistique de la publication, il anime chaque semaine, depuis septembre 2016, l’émission radiophonique On n’est pas du monde.

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