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L’information… autrement

Photo: TheAngryTeddy (Pixabay - CC)
Photo: TheAngryTeddy (Pixabay - CC)

Le Verbe s’est fait chair, et il a planté sa tente parmi nous.
Allons voir si ce Verbe est verbiage désincarné ou s’il est un logos, une logique qui s’offre, toute intelligible, et qui me parle du réel.

Pensons-y un peu. Avant d’y croire entièrement.

« Le Verbe s’est fait chair ». Une phrase-de-Bible comme tant d’autres, diront certains. Ze phrase-de-Bible, diront d’autres. Ici, le but n’est pas de lancer un débat théologique visant à répondre à la question-quiz « quelle est la meilleure phrase-de-Bible? » Le but est de faire la présentation d’une vieille nouvelle patente qui devient une nouvelle vieille affaire. La vie est belle!, après un épisode-tampon de 3 ans de publications mensuelles, devient Le Verbe. Le format de la publication passe de 52 à 100 pages et le rythme change de 10 à 5 numéros par année.

Quant au site web sous vos yeux, il propose non pas une rediffusion du contenu de la revue mais plutôt un complément. On a choisi de regrouper les textes d’opinion par thèmes afin de faciliter la navigation de l’internaute. La section slow-web (on cherche toujours une traduction valable) offrira des essais courts et longs, des reportages journalistiques fouillés, des photoreportages et autres délicieuses lenteurs.

Voir

Le mystère de l’Incarnation c’est l’invisible qui se donne à voir. Non pas dans une nuée qui descend du ciel. Non pas dans un cataclysme qui détruirait les villas de quelques milliardaires californiens. Non pas dans un monarque sauveur, un parti politique ou un organisme communautaire. Dans un enfant. C’est-à-dire, en toute simplicité. L’invisible se donne à voir, donc, dans ces petits riens. Dieu se rendrait-il insignifiant comme un bambin qui ne se contrôle pas?

Mais on préfère le flashy-flash. J’aime gravement mieux un gros palace avec piscine et spa qu’une vulgaire tente de camping. Mais c’est dommage : c’est une tente, toute précaire, qu’il a daigné planter dans mon lot bouetteux, sans eau courante. En ce jour de fête de saint Thomas d’Aquin, nous nous lançons dans ce programme au verbe triple : voir, penser et croire. Les raisons de notre prise de parole puisent d’abord dans la contemplation, en amont de la pensée rationnelle, comme chez le docteur de l’Église dominicain.

Penser

Ensuite, et seulement ensuite – c’est-à-dire après avoir pu constater, contempler, voir – le travail de réflexion, d’analyse, de traitement de l’information peut se faire. Au Verbe, notre journalisme puise dans l’émerveillement. Puis, après avoir vu, l’objectif est d’objectiver l’info, de la rendre intelligible, de la mettre en contexte, de la comparer, de la réfléchir, d’offrir au lecteur des clés plus que des réponses, des outils plutôt que des constructions.

Bien sûr, nous ne serons jamais qu’objectivité. Mais en être conscient, c’est éviter au lecteur un leurre. Nous n’aurons jamais la prétention de posséder la Vérité, mais nous serons sans cesse à sa poursuite. Et nous la laisserons nous posséder, si elle le veut bien, parfois.

Croire

La foi n’est pas un réflexe bébête de sous-humains, aussi primitifs que caverneux, qui craignent la mort. La foi est ce qui peut donner tout un sens à l’existence, transformer une vie absurde en une vie pleine, donner le souffle à un paquet d’ossements desséchés. D’ailleurs, nous croyons tous. Même les athées croient : que Dieu n’existe pas.

Alors, pourquoi croire? Parce que l’expérience nous démontre que l’espérance s’inscrit souvent dans un temps différent de celui de nos impatientes attentes. Parce que Dieu se révèle là où on ne l’attend pas. Parce que cet inattendu échappe, dépasse, transcende la raison pour se manifester dans des lieux cruciformes.

Vous croyez? Les démons aussi croient, et ils tremblent, nous rappelle Fabrice Hadjadj (La foi des démons). Ainsi, pour dire vite, croire ne suffit pas. Quelles œuvres découlent de cette foi? Le Verbe se fera un point d’honneur de mettre en lumière les œuvres de quelques croyants. Pas pour les canoniser. Pas pour en faire des héros, des martyrs, des demi-dieux. Mais plutôt pour que le monde croie. Que croire donne à l’homme et à la femme la fécondité du grain qui meurt en terre.

* * *

Voilà un bref préambule, comme une préface au chapitre qui s’ouvre et qui nous compromet, qui nous oblige à plonger dans un projet qui dépasse largement notre petite (mais vaillante!) équipe. En espérant que vous vous y plaisiez, mais pas trop. En espérant, donc, que cette publication et son site web soient un antidote au confort de la routine spirituelle qui nous guette tous.

En attendant la nouvelle publication (avril 2015), on se retrouvera donc ici, sur notre plateforme de blogues, aussi souvent que possible. Près d’une vingtaine de blogueurs se feront un plaisir de partager leur regard sur le monde et d’échanger avec vous.

À propos de l'auteur

Antoine Malenfant

Marié et père de famille, Antoine est diplômé en études internationales, en langues et en sociologie. À la tête de l’équipe de rédaction du Verbe depuis 2013 et directeur artistique de la publication, il anime chaque semaine, depuis septembre 2016, l’émission radiophonique On n’est pas du monde.

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