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Les chrétiens sont-ils des zombies ?

Photo: Brian Minear (unsplash.com / CC)
Photo: Brian Minear (unsplash.com / CC)

Avez-vous eu la piqure des zombies? Même si vous n’en êtes pas fans, vous avez surement déjà entendu parler de la série télévisée Walking Dead? Elle met en vedette Rick comme héros emblématique. Récemment, les morts-vivants ont été abordés dans un tout autre contexte que celui du divertissement : dans une rencontre de théologiens ! Aussi original que cela puisse paraitre, c’est lors des retrouvailles des diplômés de la Faculté de théologie de l’Université Laval, le 30 octobre, que la présentation sur ces morts-vivants a eu lieu.

Selon l’organisateur de la soirée, Alain Bouchard[1], Jésus Christ est, en quelque sorte, le premier zombie, dans le sens métaphorique où l’âme du zombie « est capturée et mise en bouteille pour qu’il travaille pour un vivant ».

Pour les chrétiens, Jésus est bel et bien mort, mais il est surtout ressuscité ! Nous avons ainsi une espérance vivante ! Bien que nous soyons vivants de chair et de sang, nous sommes morts spirituellement tant que nous ne sommes pas réconciliés avec Dieu grâce au sang de Jésus, par un acte sincère de repentance.

Dieu travaille d’une certaine manière pour nous, dans le sens où il ne veut pas nous laisser dans la boue de notre péché, et a prévu une solution miracle, déployée seulement si nous l’acceptons.

Fête des ténèbres vs fête lumineuse

Cela dit, revenons à nos revenants d’outre-tombe et aux conférences qui leur étaient consacrées.

Alors que la rencontre de diplômés se tenait la veille de l’Halloween, Alain Bouchard en a profité pour différencier cette fête des célébrations de Noël où, selon lui, l’une célèbre les morts et l’autre la vie et la lumière.

Voici les dichotomies qu’il a révélées :

CIEL (Noël) / ZOMBIE (Halloween)

Positif / Négatif

Ciel / Sous terre

Lumineux / Sombre

Sent la rose / Pue, décomposition

Chants / Râle

Des signes apocalyptiques

À part Jésus, premier « zombie » à exister, selon le professeur Bouchard, peut-on en trouver d’autres dans les Écritures ? En fait, oui : à Jérusalem, après la résurrection de Jésus.

« La terre trembla, les rochers se fendirent, les sépulcres s’ouvrirent, et plusieurs corps des saints qui étaient morts ressuscitèrent. Étant sortis des sépulcres, après la résurrection de Jésus, ils entrèrent dans la ville sainte, et apparurent à un grand nombre de personnes. » (Mt 27, 51-53)

« Dans ce passage, il y a un effondrement spatiotemporel. On ne peut l’interpréter de manière littérale. On peut y voir des signes apocalyptiques annoncés par les prophètes Ézéchiel (37, 12-13) et Zacharie (14, 4-5) », a expliqué Sébastien Doane, titulaire de la Chaire de leadership en enseignement Marcelle-Mallet en exégèse biblique.

Quels fondements à la dignité ?

La mort guette tout être humain, et seul Dieu connait le nombre de jours de notre vie.

De plus, pour le croyant, la résurrection en un corps glorieux l’attend.

Mais tant que nous sommes sur terre, demeurons-nous toujours un être humain, même s’il peut survenir une déconnexion involontaire de nos fonctions cognitives, notamment en cas de démence ou d’Alzheimer ?

Devant cette question, explique Cory Andrew Labrecque, professeur agrégé en éthique théologique et bioéthique, nous avons deux possibilités de réponse.

La première option considère les êtres humains comme des personnes, de la naissance à la mort. « Jean-Paul II a dit qu’un homme, même gravement malade, est et sera toujours un homme, et ne deviendra jamais un végétal ou un animal. »

Une réflexion éthique s’impose, spécialement si la fin est proche… et que le ciel présente des signes apocalyptiques.

Quant à l’autre réponse possible, la dignité de la personne est intimement liée à ce qu’elle peut accomplir. « Tant que l’être humain possède des capacités intactes, il compte comme une personne. Mais s’il perd ses capacités et est atteint d’Alzheimer, par exemple, il ne compte plus comme une personne», illustre le professeur.

Quoi qu’on puisse en penser, le professeur Labrecque juge qu’une réflexion éthique s’impose, spécialement si la fin est proche… et que le ciel présente des signes apocalyptiques.

S’offrir en nourriture

Enfin, sommes-nous appelés à devenir des zombies à cause de Jésus ?

Si nous mangeons sa chair et buvons son sang lors de l’eucharistie, ce n’est certainement pas pour semer la terreur dans les villes, mais plutôt pour nous offrir en nourriture, à notre tour, dans ce monde.

Et aussi pour gouter à la vie éternelle… et ce, avant même d’être passés par la fosse.

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Note:

[1] Coordonnateur du Centre de ressources et d’observation de l’innovation religieuse – CROIR.

À propos de l'auteur

Véronique Demers

Véronique Demers est passionnée d'écriture depuis sa tendre enfance. Elle a exercé la carrière de journaliste pendant plus de 10 ans. Elle s'intéresse en particulier au développement personnel, au mieux-être, à la spiritualité, à la technologie et au monde du travail.

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