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Le silence

Photo: Fotolia
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Deux semaines. Même pas quinze jours et déjà, on n’en parle pas de la même manière qu’au début. Et dans 15 jours, on n’en parlera peut-être plus du tout.

Même si on ne peut pas dire que c’était une immense surprise (Brague, de Montbrial), les attentats de Paris ont violemment secoué l’Occident.

Dans le tourbillon médiaticopolitique des jours suivants, nous avons assisté au triste spectacle de la haine et de la simplification.

Certes, ces innombrables coups de gueule de nos prêcheurs modernes et autres faiseurs d’opinions nous ont privés du silence et de la distance nécessaires à la saine réflexion. Mais pis encore, cette pollution sonore et visuelle a eu pour effet d’éclipser les autres drames qui avaient lieu, presque simultanément, ailleurs sur la planète.

Le point de saturation

Nous avons choisi le silence. Au moins quelques jours. Saturés d’informations, bombardés de clichés-chocs, l’amertume a dû être digérée lentement.

Puis, lors de notre conseil de rédaction de lundi dernier, la décision a été prise de briser ce silence… ne serait-ce que pour le justifier.

Mais nous ne nous en tiendrons pas à la justification.

Bien peser les mots avant de les prononcer était notre première responsabilité en tant que média catholique.

Suite à une telle abondance d’images, les mots – portes symboliques d’accès au réel – revêtent une importance particulière. Bien les peser avant de les prononcer était notre première responsabilité en tant que média catholique.

Depuis deux semaines, les vidéos, les photos, les analysent poussent sur la Toile comme des champignons. Qu’est-ce que Le Verbe – qui ne dispose pas de moyens suffisants pour couvrir l’évènement sur les lieux, en direct – peut-il bien ajouter sur la complexe situation internationale?

La guerre n’est jamais simple

Justement, nous adoptons, en guise de ligne éditoriale, la posture de l’humilité face à la complexité.

Cette position est moins vendeuse que les déclarations à l’emporte-pièce qui prôneraient une haine et une guerre totale face à un ennemi qu’on peine à circonscrire; moins vendeuse aussi qu’un pacifisme angélique – et non évangélique – qui oublie au passage nos devoirs humains envers la veuve et l’orphelin, souvent victimes de l’inaction du spectateur à la conscience bien propre.

Vous lirez donc dans les prochains jours, sur notre site, des textes qui témoigneront de cette complexité. Des points de vue divergents se rencontreront et se frotteront les uns aux autres.

N’hésitez pas à poursuivre la discussion dans la section « commentaires » sous les billets.

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À lire aussi, sur le même sujet :

La frustration de l’impuissance, de Sylvain Aubé;

La loi, l’Occident et l’islam, de Maxime Couture;

Et si le pape se gourait, d’Antoine Malenfant;

Pas d’amalgame avec l’islam, d’Alex La Salle.

 

À propos de l'auteur

Antoine Malenfant

Marié et père de famille, Antoine est diplômé en études internationales, en langues et en sociologie. À la tête de l’équipe de rédaction du Verbe depuis 2013 et directeur artistique de la publication, il anime chaque semaine, depuis septembre 2016, l’émission radiophonique On n’est pas du monde.

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