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L’article de la mort

Au moment d’écrire ces lignes, je suis à l’article de la mort. Mauvais jeu de mots, convenons-en tout de suite, pour vous étaler ma vie privée, ou plutôt celle de mes plus intimes recoins, bref j’ai la gastro. Piètre et juteuse entrée en matière. Sujet amené.

Chaque fois que je suis un tantinet malade, chaque fois que je souffre dans mon corps (nez qui coule, gorge qui tousse, ongle incarné qui pousse), c’est plus fort que moi, je pense à ceux qui sont vraiment malades. Ça me donne comme une impression de communion avec ceux qui souffrent en silence, loin des projecteurs, dans une jaquette d’hôpital trop grande.

(C’est à ce moment précis de l’exposé que la madame qui réussit chaque jour ouvrable à faire une émission de littérature sans livres sur les ondes publiques et son acolyte de poète esthétisant m’analyseraient ça d’une claque en imputant sans procès ma conscience formatée à la morale judéo-chrétienne. En bon catho, je tendrais l’autre joue, et réclamerais un bisou bien mouillé.)

Mon passage en ce bas monde n’est pas aussi illimité qu’un forfait soirs-et-weekends.

Être un peu malade me fait penser à ma fin, à ma finitude. Penser, parfois, que mon passage en ce bas monde n’est pas aussi illimité qu’un forfait soirs-et-weekends sur mon téléphone débilitant est une bonne chose.

Donc être malade est une bonne chose? Oui et non.

Oui pour les raisons que je viens d’évoquer. Et non parce que ça salit plus de linge qu’à l’habitude.

*

Ce printemps, Le Verbe vous offre un dossier pas piqué des vers sur le thème de la mort. Rien de macabre, n’ayez crainte. Juste du frais, juste du vrai, comme dit la pub. Et, fidèles à notre habitude, une bonne bouffée d’espérance dans les témoignages et les reportages que vous pourriez y lire.

Pour recevoir tout ça gratuitement par la poste, abonnez-vous avant le 13 mars 2019 en cliquant ici ou en contactant notre adjointe administrative Libéra Houenagnon (info@le-verbe.com ou 418 908-3438).

Et si vous êtes dans le coin le 1eravril, on fera un joli lancement de ce numéro au pub La Korrigane (380 rue Dorchester, à Québec). Venez nous serrer la pince. Rendu là, je ne serai probablement plus contagieux…

À propos de l'auteur

Antoine Malenfant

Marié et père de famille, Antoine est diplômé en études internationales, en langues et en sociologie. À la tête de l’équipe de rédaction du Verbe depuis 2013 et directeur artistique de la publication, il anime chaque semaine, depuis septembre 2016, l’émission radiophonique On n’est pas du monde.

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