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La distinction et les rebellocrates

Photo: Victor Xok (unsplash.com).
Photo: Victor Xok (unsplash.com).

J’écris dans un centre d’achats. Je me la joue poète dans un espace aussi dénué de poésie qu’un centre commercial. Je suis un être plein de contradictions.

Devant moi, défile un étudiant chaussé des Doc Martens d’un punk-à-chien tout en arborant un manteau Canada Goose qu’il aurait pu avoir volé à un bourgeois de la upper middle-class. Mais c’était le sien. Tout comme les bottes.

C’est à ce moment que je comprends qu’en termes de contradiction, je suis un amateur.

De la même manière que je suis attablé devant une pile de bouquins savants avec un gros casque d’écoute de hip-hop bien calé sur le crâne, les passants font ce qu’ils peuvent pour se démarquer… mais pas trop.

Les complexes interactions et les petits gestes quotidiens de mise en scène au cours desquels nous tentons de nous distinguer de la masse humaine tout en évitant d’être trop marginaux – phénomène que Goffman nommait joliment la « présentation de soi » en 1956 – sont certes exacerbés en ces jours instagrammables.

Et l’homo catholicus ne semble pas échapper au paradoxe de la distinction dans la conformité. Ou, si vous préférez, de l’orthodoxie dans l’anticonformisme [1].

Les néoconformistes

Curieusement, deux revues québécoises parmi les plus respectables s’interrogent cet hiver sur le thème du conformisme [2]. Signe des temps? Hasard? Convergence des luttes anti-anti-conservatisme? Je ne saurais dire.

Dans L’Inconvénient, Patrick Moreau signe un essai lumineux :

« Bien sûr, la modernité a partiellement libéré l’individu de l’espèce de tutelle que faisaient peser sur lui des rapports sociaux de proximité (…); mais ce qui a été perdu en matière d’influence directe exercée sur l’individu par ses parents, ses voisins, ses compagnons de travail et tous les membres des communautés dans lesquelles il était sa vie durant inséré, a été regagné, et très largement, par le maillage beaucoup plus étroit et omniprésent qui enserre aujourd’hui son existence.

« L’école obligatoire, le salariat généralisé, les contrôles administratifs, les médias de masse, depuis peu l’Internet et les réseaux dits sociaux génèrent à n’en pas douter davantage de contrôle sur nos vies que n’étaient en mesure de le faire jadis, dans n’importe quelle paroisse, monsieur le curé ou monsieur le maire. »

Les individus modernes, déracinés et apparemment libérés des vieux carcans, se retrouvent particulièrement fragilisés, donc malléables.

De telle sorte que les individus modernes, déracinés et apparemment libérés des vieux carcans, se retrouvent particulièrement fragilisés, donc malléables. Malléables, donc pas si libres, à moins que la liberté consiste à choisir la couleur de son prochain char autant que le sexe de son prochain enfant.

Bref, on n’a qu’à ouvrir la TiVi pour apercevoir les nouveaux curés monter en chaire et donner des leçons de bien-pensance à qui mieux mieux.

Une belle grande famille

Le Verbe publie cette semaine un billet qui, au premier abord, semblera déroger de la ligne éditoriale que nous nous efforçons de suivre depuis quelques années : annoncer davantage que dénoncer.

Nous maintenons cette ligne.

Nous pensons que l’essentiel de nos énergies doit être déployé à proposer une réflexion positive, à mettre en lumière des témoignages de foi éclairants pour notre époque et à trouver ce qui, dans notre culture, embrasse déjà ou pourrait être embrassé par la foi catholique.

Mais un nombre désolant de prises de position publiques par des tribuns à l’anticonformisme autoproclamé – pourtant parfaitement alignés sur ce qu’il y a de plus tristement conforme dans l’air du temps – circule depuis un bout dans le (très) petit milieu catholique québécois.

Il y a des moments pour se taire et pour laisser passer. Il y en a d’autres où, au lieu de hurler « Joual-vert! Ça suffit! » dans les corridors du bureau, on prend la plume. C’est pourquoi avons-nous jugé qu’une réponse était nécessaire.

Le texte d’Alex La Salle n’est pas parfait, il n’est pas spécialement tendre non plus. Or si, comme l’écrit Moreau, « cet individu moderne qui se croit libre est surtout nu », ce billet de La Salle a au moins le mérite de souligner ce que le Sac de chips de votre Journal préféré qualifierait de fashion faux-pas des rebellocrates [3].

Devrait-on censurer ce texte? Brider son fougueux auteur au nom de la charité chrétienne?

On a la très belle habitude, dans l’Église, de ne vouloir faire de peine à personne.

(C’est une bonne habitude qu’il ne faudrait pas perdre. D’ailleurs, dans mon petit cœur sensible, quand je vois des frères et sœurs en Jésus propager des marées d’inepties sur la Toile sans le moindre effort de discernement, ça me fait de la peine. De la grosse peine.)

On a aussi l’habitude de se gargariser avec l’idée que l’Église est une famille. Si c’est le cas, assumons que, parfois ou souvent, selon les tempéraments, ça puisse brasser, que le ton monte et qu’on s’engueule un peu.

Ce billet annonce – et c’est en ce sens qu’il est conforme à notre ligne éditoriale – quelque chose de vraiment révolutionnaire en 2019, une véritable bonne nouvelle pour notre monde sans queue ni tête : l’organisation hiérarchique de l’Église est une grâce et non une tare.

L’Évangile selon Barrabas

« Si mon royaume était de ce monde, j’aurais eu une armée pour que je ne sois pas livré. »

Sous le prétexte que Jésus a sermonné les pharisiens, a renversé les tables des changeurs au temple et qu’il a confondu bien des docteurs de la loi, nombre de chrétiens n’hésitent pas aujourd’hui à mettre leur foi en un Christ dont l’avènement de la royauté dépendrait de la vigueur révolutionnaire de ses disciples.

Dans l’Église, on retrouve quantité de croyants laçant des bottes de squeegee pour se rebeller contre la vilaine doctrine.

Dans l’Église, on retrouve quantité de croyants laçant des bottes de squeegee pour se rebeller contre la vilaine doctrine. À l’image du jeune homme qui passait devant moi, ces mêmes Barrabas sont aussi prompts à enfiler la grosse doudoune en plume d’oie de l’esprit du monde.

Au Verbe, on a toujours assumé que la position inverse était plus conforme à notre appel de baptisés : chausser les vieilles pompes traditionnelles de l’enseignement de l’Église, tout en se couvrant les épaules d’une froc de renégats du siècle.

Certains diront que ça revient au même. Question de gouts.

Justement.

Entrevue d’Antoine Malenfant à Questions d’actualité sur le même sujet:

___________

Notes:

[1] Et ça se passe dans ma paroisse autant qu’à Rome. Le récent « Manifeste » du cardinal Müller, ancien préfet de la Congrégation de la doctrine de la foi, n’a pas manqué de semer l’émoi et d’alimenter la machine à rumeurs des analystes de tous les camps.

[2] « Censure, autocensure, conformisme » dans Argument (vol.21, no1, automne-hiver 2018-2019) ainsi que « Le néoconformisme » dans L’Inconvénient (no75, hiver 2018-2019).

[3] La paternité de l’expression rebellocrate revient à Philippe Muray.

À propos de l'auteur

Antoine Malenfant

Marié et père de famille, Antoine est diplômé en études internationales, en langues et en sociologie. À la tête de l’équipe de rédaction du Verbe depuis 2013 et directeur artistique de la publication, il anime chaque semaine, depuis septembre 2016, l’émission radiophonique On n’est pas du monde.

5 Commentaires

  • Cher Antoine.

    En tant que tel, je trouve tout à fait approprié que tu défendes ton chroniqueur, et la ligne éditoriale de la revue que tu diriges avec brio.

    Par contre, sur le fond, c’est-à-dire sur le caractère opportun du billet d’Alex La Salle, j’ai de sérieuses réserves.

    Le papier pamphlétaire d’Alex est un crachat amphigourique bien plus que « l’annonce d’une bonne nouvelle », pour reprendre ton expression. Il faut beaucoup d’imagination pour y voir une chronique conforme à votre ligne éditoriale. Et vraiment tout un troupeau de licornes dans les yeux pour considérer qu’il sert la réflexion et le débat. Car « abyssus abyssum invocat », l’abîme appelle l’abîme, et même s’il avait raison (mais sur quel enjeu réel ? On peine à en identifier un dans son texte, sauf celui qu’il fabrique de toutes pièces), les personnes qui ne pensent pas comme lui n’auront assurément pas le réflexe de prêter l’oreille à ce monologue plein de ressentiment, de mauvaise foi et de généralisations.

    Rien de plus tristement conformiste et, ironiquement, typique de notre époque, qu’une telle prise de parole fielleuse (je parle de celle d’Alex). Les réseaux sociaux sont remplis de trolls. La vraie bonne nouvelle serait qu’une telle intelligence (toujours celle d’Alex) soit mise au service de l’expression d’une pensée conservatrice (au sens noble du terme) consistante et vraiment capable d’intégrer les enjeux et signes de notre temps. Voilà seulement ce qui pourrait peut-être – sait-on jamais ! – me guérir de mon indécrottable « conformisme progressiste ». Et voilà pour toi une belle tâche de rédacteur en chef.

    • Bonjour Jonathan,

      Je te remercie pour les bons mots. Et merci aussi d’avoir pris le temps d’écrire un commentaire.

      Évidemment, nous ne nous attendions pas à une pluie d’éloges en réponse à la publication de ce texte. J’accepte et j’assume la responsabilité qui découle de sa mise en ligne. Nous savions qu’il dérangerait.
      Si j’ai pris la décision de le publier, c’est que ce « crachat amphigourique » est dirigé vers des idées et des positions qu’Alex juge néfastes. En aucun lieu les critiques ne sont tournées vers la personne.

      Si je n’ai qu’un regret, c’est celui de n’avoir souligné que les idées mises de l’avant par M. Girard, donnant l’impression qu’Alex les prend pour unique cible, même s’il mentionne clairement qu’il s’agit d’un exemple, d’une étude de cas, pour illustrer un phénomène qui va bien au-delà des seules chroniques du professeur de théologie.

      Est-ce que la rébellion de ce que Jocelyn Girard nomme lui-même un « courant de fond » (en commentaire sous l’article d’Alex) est un « enjeu inventé de toutes pièces » par l’auteur – qui, par ailleurs, travaille en pastorale paroissiale depuis des années? Il faudrait s’entendre là-dessus : est-ce inventé ou est-ce un courant de fond?

      Est-ce un « monologue » plein de « généralisation »? Pour un monologue, je trouve qu’il a quand même suscité, à ce jour, pas mal de discussions et d’échanges. Si ce sont des « généralisations », il faut croire qu’elles touchaient à des points assez précis pour entrainer quelques réactions…

      Enfin, quant à ma tâche de rédacteur en chef, j’essaie de m’en acquitter le plus humblement possible. Ce qui est une maladresse aux yeux de certains sera considéré comme un bon coup par les autres. Et le lendemain, c’est exactement l’inverse qui arrive.

      Je ne cherche pas à « guérir » qui que ce soit. Ce texte aurait certainement pu être plus gentil. Mais le « ressentiment » qui semble s’en dégager témoigne, je crois, d’une exaspération bien présente chez plusieurs croyants qu’il serait bien malcommode de minimiser.

      Ce sera toujours un plaisir et un honneur – je l’écris sincèrement – de discuter avec toi. Et je prie pour que nos désaccords deviennent des occasions d’une fraternité toujours plus vraie.

      À bientôt, j’espère!
      Antoine

  • Cher Antoine.

    À mon tour de te remercier d’avoir pris la peine de répondre, et sur un ton aussi serein, ouvert.
    Comme toi, je ne suis pas troublé par nos différences d’opinions ou de points de vue, et conséquemment, je ne veux pas ergoter sur chaque mot. Je me permets seulement de revenir sur un point, car c’était le cœur de mon intervention.

    En gros, j’ai manifesté qu’à mon avis, la décision de publier l’article d’Alex La Salle me laissait perplexe, car ce dernier, «monologue plein de ressentiment, de mauvaise foi et de généralisations », était loin de nourrir le dialogue et la réflexion – bien au contraire.

    Ta réponse : « Pour un monologue, je trouve qu’il a quand même suscité, à ce jour, pas mal de discussions et d’échanges. Si ce sont des « généralisations », il faut croire qu’elles touchaient à des points assez précis pour entrainer quelques réactions… »

    En guise de réserve, mais aussi pour préciser le fond de ma pensée, j’aimerais rétorquer que tout ce qui suscite une réaction n’est pas pour autant de nature dialogique. Tous les jours, des gestes d’amour restent sans suite et, inversement, des gestes de haine provoquent des réactions, tantôt ripostes, tantôt joues gauches tendues. Autrement dit, et même si je ne veux pas durcir le parallèle avec l’article d’Alex : ce n’est pas parce qu’une gifle fait réagir que c’est là un acte constructif et justifié.

    Ce qui choque de manière négative dans le papier d’Alex, et qui suscite une réponse, c’est à la fois son caractère fermé (monologique) et injuste d’une part, et son destinateur d’autre part.
    Son caractère fermé et injuste, d’abord : à sa lecture, on ne sent pas la moindre tentative d’entrer dans les motivations d’autrui. En fait, jouer lâchement le jeu de la culture ambiante est la seule motivation retenue. C’est carrément une accusation de trahir l’Évangile pour adorer l’idole du monde, au sens johannique du terme.

    Certes, cette trahison du « sel qui perd de sa saveur » existe bel et bien. Tout comme celle, inverse et associée aux milieux conservateurs cette fois, du repli sur soi, du pharisaïsme. Cependant, ce n’est pas parce qu’une position théologique ou pastorale va dans le sens de la culture dominante qu’elle se rend coupable de compromission. Au contraire, l’histoire est remplie d’exemples où l’Esprit a dû œuvrer hors des murs de l’Église visible, afin d’indiquer à cette dernière une voie vers une plus grande fidélité.

    Et c’est en cela que j’évoque les « généralisations » du texte d’Alex. Toute réflexion de réforme autour de la forme et du rôle de la hiérarchie ecclésiale n’est pas réductible à une légèreté de fashion victim. Et c’est d’autant moins le cas dans l’exemple retenu par Alex : l’article décrié est tout à fait cohérent avec la réflexion théologique que mène depuis longtemps son auteur, Jocelyn Girard. Que l’on soit d’accord ou non, son point de vue est sensé. Et mérite donc bien mieux qu’un procès d’intention.

    Mais l’article d’Alex déçoit aussi en raison même de l’identité de son auteur. Car il y a peut-être de la graine de prophète en lui. Et c’est là un don rare, précieux pour l’Église. Si les clameurs de tant de voix insignifiantes ne méritent guère que l’on s’émeuve, il en va autrement dans le cas de celles qui peuvent faire la différence, car habitées par un feu.

    Toutefois, comme tous les charismes, celui de prophétie ne peut pas faire l’économie de chercher lentement et difficilement son chemin, au risque de se perdre et de se gaspiller. Et dans cette maturation, la correction fraternelle a un rôle à jouer, même si elle est rapidement prise, aujourd’hui, pour de la condescendance.

    Bref, c’est parce que j’attends beaucoup d’Alex, malgré mes nombreux désaccords avec lui, que j’ai cru qu’il valait la peine de faire valoir que son texte constitue, à mes yeux, un geste de faux prophète, un égarement. Un texte qui brouille les esprits au lieu de faire voir avec plus de justesse.

    Mais je peux me tromper, c’est le propre du vrai prophète d’avoir parfois raison à contretemps !

    Amitiés.

    • Cher Jonathan,

      Je comprends bien tes réserves.

      En ce qui concerne le caractère sensé des positions de Jocelyn Girard, je n’ai rien à dire de plus que ce qu’Alex souligne dans sa réponse à celui-ci, sous son texte.

      Sur le pharisaïsme et la compromission à l’esprit du monde, maintenant. Au lendemain de la publication du texte d’Alex, l’Église nous proposait ce morceau de l’évangile où le Christ invite justement les disciples à se méfier du levain des pharisiens (attachement scrupuleux et maladif à la loi) autant que de celui d’Hérode (symbole ici, évidemment, de la complaisance avec l’envahisseur).

      Difficile de ne pas faire de lien avec cette « affaire » qui nous occupe ces jours-ci. (D’ailleurs, peu de choses ont été dites, ici ou ailleurs, sur la première moitié du billet.)

      J’ai la ferme croyance qu’un petit intégriste légaliste et qu’un petit Hérode se font la chaude lutte au cœur de chaque homme. En tout cas, ici, c’est mon quotidien. L’œuvre du Malin est de me donner l’impression qu’il ne s’agit que de choisir mon camp entre l’une ou l’autre de ces options.

      J’avais l’impression que « La prise du pouvoir… » évitait assez bien cet écueil en rejetant autant l’un que l’autre des levains.

      Enfin, si je suis désolé de ne pas répondre systématiquement à chacun des points que tu soulèves de manière aussi délicate que pertinente, je m’en voudrais de ne pas saisir au bond la balle du prophétisme que tu évoques.

      Comme tu l’écris en conclusion de ton commentaire, je suis bien d’accord que l’épreuve du temps nous dira si le prophète était un imposteur ou un véritable messager. Cependant, il me semble que bien peu de prophètes dans l’histoire se sont exprimés – tant sur le fond que sur la forme – de manière sympathique.

      Je peux me tromper aussi. Mais, à ce jour, je persiste à penser qu’il s’agissait d’une bonne décision. Et les critiques formulées, par toi ou par d’autres, sont accueillies sereinement. Je crois aussi que la correction fraternelle a un rôle à jouer. D’ailleurs, la tienne est vraiment bienvenue et n’est pas du tout prise pour de la condescendance.

      Au plaisir de poursuivre la discussion, que ce soit ici ou autour d’un café, d’une brioche ou d’une pinte, je l’espère, un de ces quatre.

      Paix à toi,

      Antoine

    • « Et dans cette maturation, la correction fraternelle a un rôle à jouer, même si elle est rapidement prise, aujourd’hui, pour de la condescendance. »

      Condescendance. C’est bien le mot. Pas envers Alex. Non. Envers Antoine. C’est ce que je me suis dit en lisant vos commentaires sur le site de l’AMéCO.

      Je me suis dit: « Depuis quand un rédacteur en chef a autant de compte à rend sur les choix éditoriaux à quelqu’un qui n’est même pas son boss. C’est bizarre comme réaction. »

      Moi, je ne suis pas une intellectuelle. Je n’ai pas étudié la théologie et j’aime écouter les plus intellectuels débattre de certains sujets pour mieux comprendre les enjeux. Au-delà du manque de délicatesse d’Alex (Hihihihi! J’ai trop ri en lisant son article mais je comprends le ras-le-bol) et des susceptibilités de part et d’autre ( que je comprends aussi) , je m’attendais à lire des contre-arguments! Au contraire, je lis 3 personnes qui font tout sauf argumenter: M. Girard; M. Guilbault; M. Tessier (ici: http://ameco-medias.ca/polemique-rebellocrates-et-sans-calottes/).

      Je trouve que c’est typique du Québec. On ne débat pas au Québec. On se réfugie dans nos émotions. Débattre, ici, c’est exprimer comment ça nous a touché, comment ça nous a blessé, dire qu’on a ressenti un « malaise». On va rarement plus loin. C’est dommage, car on peut faire l’un et l’autre.

      Je n’ai pas étudié les lettres comme vous autres mais je décèle un grand nombre de sujets à creuser dans le texte d’Alex . Il a suscité en moi des questions . Je ne comprends pas comment des personnes hautement éduquées peuvent dire qu’il n’y a aucun sujet soulevé dans ce texte.

      Voici certains sujets que j’y ai trouvés ou les questions que je me suis posées:

      – Adopter l’attitude de M. Girard reviendrait-il donc a être comme un protestant de l’Église unie? Est-ce vrai? Si oui, pourquoi alors ces gens ne deviennent pas protestants ? Peut-être qu’il y a quelque chose qu’ils préfèrent dans le catholicisme. Qu’est-ce ?

      – Quel abus d’autorité existe-il encore dans l’Église du Québec actuel qui fait que M. Girard pense qu’il y a encore un problème à ce niveau? Je ne connais que des cas isolés, mais il pourrait m’apprendre quelque chose que je sais pas. Je suis sincère.

      – Comment faire pour réduire les abus d’autorité du clergé ailleurs dans le monde ? Je sais qu’il y a des propositions concrètes de toutes sortes, mais je ne les connais pas vraiment. Qu’est-ce qui fait que ces propositions ne sont pas satisfaisantes au point que M. Girard propose ce qu’il a écrit dans son article?

      – Jusqu’où peut-on aller dans une réforme de l’exercice de l’autorité du clergé sans manquer de fidélité à la volonté du Christ ?

      – Dans quelle mesure le progressisme est compatible avec le catholicisme ?

      Je vais dire comme Antoine : « Joual vert ! » Il y a-t-il quelqu’un au Québec qui a un diplôme universitaire qui va daigner nous éclairer sur les fondements de l’opinion progressiste ? Est-ce que d’ailleurs l’auteur se dit progressiste ? Pourquoi ? Pourquoi pas ?

      Par pitié, que personne ne me dise qu’il n’y a rien à débattre dans le texte d’Alex.

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