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Grégory Turpin : de l’ombre à la lumière

Grégory Turpin (crédit photo: Yves Casgrain)
Grégory Turpin (crédit photo: Yves Casgrain)
Écrit par Yves Casgrain

«Aime cette vie. Réalise tes rêves. Elle est si belle avec ses richesses. Aime cette vie. Protège ton mystère. Dépasse chacune de ses tristesses. Aime cette vie. Découvre sa douceur. Cherche pour l’autre ce qu’il y a de meilleur.»

Cet extrait de la trépidante chanson Changer de vie, de l’album du même nom réalisé par le chanteur français Grégory Turpin, prend tout son sens lorsque l’on sait que l’artiste a attenté à sa vie à trois reprises.

Grégory Turpin est une véritable vedette de la chanson en France.

Son album Changer de vie s’est vendu à plusieurs milliers d’exemplaires. Il est un des poulains de l’étiquette Universal. Doué d’un véritable charisme, où s’entremêlent force et fragilité, il sait comment toucher les foules lors de ses concerts.

Lorsqu’il s’adresse au public, c’est en toute vérité qu’il le fait. C’est ainsi que durant le concert qu’il a présenté dans le cadre du Festival Rouah, qui s’est déroulé du 2 au 3 juin dernier à Montréal, Grégory Turpin a parlé de ses séjours à l’hôpital psychiatrique après ses tentatives de suicide. Quelques heures plus tôt, il répondait aux questions du Verbe sur ce passage de sa vie sans aucune hésitation.

Du Carmel au fond des bars

À dix-huit ans, il fait son entrée au Carmel. C’est le bonheur! Toutefois, il doit quitter son paradis à peine une année plus tard en raison de problèmes de santé. « J’en ai beaucoup voulu à Dieu, car je ne comprenais pas ce qu’il voulait pour moi. »

Peu de temps après être sorti du Carmel, il commence sa carrière de chansonnier dans des bars. En plus du succès, il fait la connaissance de la drogue qu’il se met à consommer régulièrement.

La drogue a été pour moi une échappatoire qui m’a permis de fuir ce que je n’aimais pas chez moi. En particulier ma timidité. Elle me permettait d’aller vers les autres.

- Grégory Turpin

Cependant, ce qu’il considérait être une bouée de sauvetage a bien failli le noyer. Il tente de s’enlever la vie à trois reprises et connait l’enfer de la dépression. Aujourd’hui, Grégory en parle pour briser la chape de silence qui entoure cette maladie… spécialement dans les milieux chrétiens.

De profundis

Pour lui, il ne faut surtout pas juger les chrétiens qui souffrent de dépression. «Il y a de très très bons chrétiens qui sont en dépression! Oui, le Seigneur est une espérance, mais encore faut-il arriver à avoir la force d’attraper la main de Dieu. Lorsque nous sommes au plus profond, au plus bas, on n’a plus la force de cela.»

Si Grégory Turpin a pu sortir de sa grande noirceur, c’est qu’il a été supporté spirituellement. Il a également suivi une thérapie avec un psychologue chrétien. « Il m’a beaucoup aidé. Je n’ai pas honte de le dire. Je pense qu’il ne faut surtout pas avoir honte de cela. »

Aujourd’hui, le chanteur se connait mieux et accepte sa fragilité. « Je sais que j’ai combattu. J’ai été soigné. J’ai atteint une force que je n’avais pas avant. Je pense que j’ai fait un travail sur moi-même qui a été très important. À travers les soins que le psychologue vous apporte, Jésus guérit. »

 

À propos de l'auteur

Yves Casgrain

Yves est un missionnaire dans l’âme, spécialiste de renom des sectes et de leurs effets. Journaliste depuis plus de vingt-cinq ans, il aime entrer en dialogue avec les athées, les indifférents et ceux qui adhèrent à une foi différente de la sienne.

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