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Des milliers d’Ukrainiens déplacés

Photo: Manifestations à Kiev, au début de la crise, janvier 2014 (Ввласенко - CC)
Photo: Manifestations à Kiev, au début de la crise, janvier 2014 (Ввласенко - CC)

Alors que l’attention médiatique internationale est tournée vers les combats – non moins tragiques – ayant cours au Moyen-Orient, le drame de milliers de familles déplacées se poursuit en Ukraine.

Selon l’ONU, il y aurait plus d’un million de personnes déplacées à l’intérieur du territoire ukrainien, tandis qu’environ 500 000 autres ont plutôt cherché refuge dans les pays limitrophes.

Si le cessez-le-feu signé plus tôt cet hiver ressemble à un bout de papier sans conséquence sur le terrain, c’est que les forces en présence poursuivent les combats, accroissant du coup le nombre de victimes civiles et militaires.

Appels à l’aide

Dans un communiqué appelant les Canadiens à davantage de support envers les victimes de ce conflit, le directeur national de l’Association catholique d’aide à l’Orient (CNEWA) Canada, Carl Hêtu, trace un bilan inquiétant de la situation :

Nous avons reçu des appels de détresse des églises catholiques d’Ukraine et de Caritas, leur organisme qui vient en aide aux familles désespérées qui ont dû fuir les conflits des régions de Donetsk et de Louhansk. Ces gens étaient déjà très pauvres, mais maintenant, ils ont perdu leur logement, leur église et leur mode de vie. Et ils ne savent pas s’ils pourront un jour retourner chez eux. ».

L’archevêque métropolitain des Ukrainiens de Winnipeg, Lawrence Huculak, invite lui aussi la population canadienne à « aider généreusement ces personnes terrorisées ayant besoin d’abris et de produits de première nécessité, et qui ont, par-dessus tout, besoin de retrouver leur dignité et leur espoir en cette période de bouleversements. »

Un bourbier complexe

Pour le professeur Pascal Boniface, directeur de l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS), l’Ukraine est depuis longtemps déjà « partagée entre ces deux pôles d’influence : la Russie et l’Europe. »
La crise de l’hiver 2013-2014, durant laquelle une bonne partie de la population a eu raison de la tête de Viktor Ianoukovytch, a sans doute ses racines dans la Révolution orange (hiver 2004-2005). Mais les évènements de la dernière année ont fait passer la crise politique au statut de guerre civile.

Qui plus est, ce conflit déborde largement des frontières ukrainiennes en raison de la position stratégique du pays – particulièrement pour ses ports en eau chaude et pour le transit des combustibles fossiles en provenance de Russie vers l’Europe occidentale. En témoigne la présence de la chancelière allemande Angela Merkel et du président français François Hollande lors des accords (précaires et peu respectés) de Minsk en février dernier, signés avec les présidents ukrainien et russe.

Depuis, les milices prorusses séparatistes de l’est du pays, soutenues par Poutine, et les forces militaires du gouvernement, lequel penche lourdement à l’ouest, n’ont jamais vraiment « cessé le feu ».
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Pour poursuivre la réflexion : une collaboration spéciale de Rodrigue Allard sur nos pages.

Pour soutenir : CNEWA

À propos de l'auteur

Antoine Malenfant

Marié et père de famille, Antoine est diplômé en études internationales, en langues et en sociologie. À la tête de l’équipe de rédaction du Verbe depuis 2013 et directeur artistique de la publication, il anime chaque semaine, depuis septembre 2016, l’émission radiophonique On n’est pas du monde.

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