2017-01 Autochtones

« Que soy era Immaculada Councepciou » – Lourdes 1858

Photo: Alexandre Pelletier

Nous sommes au mois de mai 1989. Danila Castelli, épouse et mère de famille, souffrant depuis plusieurs années de crises hypertensives spontanées graves, se rend en pèlerinage à Lourdes. Les multiples interventions chirurgicales qu’elle a subies sont demeurées sans effet. Notre-Dame de Lourdes semble être son dernier espoir.

Danila se rend comme des millions de malades avant elle aux piscines du sanctuaire, où elle est baignée. Lorsqu’elle en ressort, elle ressent un extraordinaire bienêtre. Elle déclare immédiatement sa guérison subite au Bureau des constatations médicales de Lourdes.

Après cinq réunions d’experts croyants et non croyants (en 1989, 1992, 1994, 1997 et 2010), un vote formel et unanime déclare: «Madame Castelli est guérie, de manière complète et durable, depuis son pèlerinage à Lourdes en 1989, il y a 21 ans, du syndrome dont elle souffrait, et cela sans relations aux interventions et aux traitements.»

Croyez les œuvres

Le Comité médical international de Lourdes, dans sa séance du 19 novembre 2011 à Paris, a certifié «que le mode de sa guérison reste inexpliqué dans l’état actuel des connaissances scientifiques».

Le 20 juin 2013, Mgr Giovanni Giudici, évêque du diocèse d’origine de la dame, en Italie, a déclaré le caractère «prodigieux et miraculeux» et la valeur de «signe» de sa guérison. Danila Castelli est ainsi devenue la 69e miraculée de Lourdes officiellement reconnue au terme de procédures complexes qui n’ont d’équivalent nulle part ailleurs dans le monde.

Même les plus réticents, comme le docteur Alexis Carrel, Prix Nobel de médecine, ont été forcés de reconnaitre les œuvres extraordinaires qui se passent à Lourdes.

Lourdes, lieu de guérisons miraculeuses (1). Lourdes, lieu de conversions spirituelles. Lourdes, lieu d’apparitions de la Vierge Marie. Qu’a-t-il bien pu se passer dans ce pauvre village du sud-ouest de la France pour que des millions de visiteurs s’y rendent encore chaque année?

Même les plus réticents, comme le docteur Alexis Carrel, Prix Nobel de médecine, ont été forcés de reconnaitre les œuvres extraordinaires qui se passent à Lourdes. «Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, dit Jésus, continuez à ne pas me croire. Mais si je les fais, même si vous ne me croyez pas, croyez les œuvres» (Jn 10,37-38).

Heureux les pauvres de cœur

Mais toute cette histoire, extraordinairement bien documentée, commence par une très pauvre jeune fille née en 1844 et nommée Bernadette (2). Elle est l’ainée d’une famille qui sombre dans la misère matérielle et qui est durement éprouvée par plusieurs décès d’enfants en bas âge. Ils sont si pauvres qu’ils louent pour demeure «le cachot», c’est-à-dire l’ancienne prison du village, désaffectée pour cause d’insalubrité.

Photo: James Langlois

Photo: James Langlois

Son père François est même injustement accusé d’un vol de farine pendant une famine pour ce seul motif inscrit dans les actes du procès: «Son état de misère me fait penser qu’il est coupable de ce vol.» Bernadette est atteinte d’asthme aigu et ne va ni à l’école ni même au catéchisme. Du coup, elle n’a pas encore fait sa première communion, même si sa famille est pourtant profondément chrétienne et priante.

C’est donc dans ce terreau très humble que s’enracinera une visite extraordinaire. Saint Augustin affirmait: «Si vous me demandez quelle est la chose essentielle dans la religion et la discipline de Jésus Christ, je répondrai: d’abord l’humilité, ensuite l’humilité, enfin l’humilité.» Merveilleux écho à la béatitude proclamée par le Christ: «Heureux les pauvres de cœur!»

Comme un coup de vent

Le jeudi 11 février 1858, Bernadette et ses sœurs Marie et Jeanne partent au matin pour ramasser du bois dans l’espoir de le vendre et ainsi de procurer un peu de pain à leur famille. Leur marche les mène près de la petite grotte de Massabielle près de la rivière.

Alors que Jeanne et Marie traversent la rivière pour aller chercher du bois, Bernadette n’ose les suivre à cause de son asthme. Elle les attend face à la grotte.

Soudain, elle entend par deux fois un bruit qu’elle décrit «comme un coup de vent», comme à la Pentecôte, d’ailleurs (Ac 2,1-2). Pourtant, il n’y a aucun vent ce jour-là. Étonnée, elle se retourne pour vérifier et observe: «Les peupliers ne remuaient pas. Je continuai à me déchausser et j’entends la même rumeur. Je levai la tête en regardant la grotte. La niche du rocher, située à trois mètres environ de hauteur, est envahie d’une lumière, et dans cette lumière, aqueró», c’est-à-dire «cela» dans son patois. Aqueró est une présence pénétrante et ineffable d’une silhouette de femme.

Une dame habillée de blanc; elle avait une robe blanche, un voile blanc, une ceinture bleue et une rose jaune sur chaque pied.

Bernadette la décrit ainsi: «Une dame habillée de blanc; elle avait une robe blanche, un voile blanc, une ceinture bleue et une rose jaune sur chaque pied. Je me frottai les yeux, je croyais me tromper. Je mis la main à la poche et trouvai mon chapelet.» Bernadette comprend intuitivement qui est cette dame; elle fait avec la Vierge son signe de croix. Aucun échange de paroles. Cette première apparition est priante et silencieuse.

Quand sa mère apprend ce que Bernadette prétend avoir vu, elle la frappe à coup de bâton et lui interdit de retourner à la grotte. Mais le dimanche 14 février, Bernadette brule si fort du désir d’y retourner qu’elle supplie sa mère, qui finit par lui donner sa permission.

À peine arrivée, elle s’exclame: «Elle est là!» Puis, elle s’approche et jette de l’eau bénite sur la dame en disant: «Si vous venez de la part de Dieu, restez; sinon, allez-vous-en!» La dame se met alors à sourire. «Et plus je lui jetais de l’eau bénite, plus elle souriait», rapporte Bernadette. Son extase est si longue que ses sœurs doivent demander au meunier du village de la transporter dans ses bras, alors qu’elle est toujours en extase, afin qu’elles puissent revenir à l’heure pour la prière du soir.

La quinzaine des apparitions

Quatre jours plus tard, le 18 février, une femme du village, Mme Milhet, veut emmener Bernadette de nouveau à la grotte et obtient de peine et de misère l’autorisation de sa mère. Ce jour-là, la Vierge parle… et trois fois plutôt qu’une. Mme Milhet a heureusement apporté une écritoire pour tout noter.

Alors que Bernadette demande à la dame de lui révéler son nom, elle lui répond: «Ce n’est pas nécessaire.» Puis, à son tour, elle lui fait une demande: «Voulez-vous avoir la grâce de venir ici pendant quinze jours?» Enfin, elle confie une parole prophétique: «Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde, mais dans l’autre.»

Commence alors la quinzaine des apparitions… et des persécutions!

Photo: Alexandre Pelletier

Photo: Alexandre Pelletier

La dame lui apparait tous les jours du jeudi 18 février au jeudi 4 mars, sauf le lundi 22 et le vendredi 26. Le 22, en effet, ses parents lui ont interdit de se rendre à la grotte, et la Vierge semble avoir respecté leur autorité. Pendant tout ce temps, elle est longuement interrogée, intimidée et menacée par une pléthore de sceptiques: la maréchaussée, le commissaire de police, sa famille, le juge Ribes, le procureur impérial Dutour et même son curé l’abbé Peyramale.

Pénitence! Pénitence! Pénitence!

Le 25 février, plus de 350 personnes sont présentes aux apparitions vues par Bernadette seulement. C’est le jour central de toutes les apparitions. Le visage de Bernadette change. La dame vient de lui donner trois nouveaux messages: «Pénitence! Pénitence! Pénitence!»; «Vous prierez Dieu pour les pécheurs»; «Allez baiser la terre en pénitence pour la conversion des pécheurs.»

Bernadette s’avance alors sur les genoux en baisant la terre jusqu’au centre de la grotte, où la Dame l’a précédée. «Allez boire à la fontaine et vous y laver», lui dit celle-ci.

Bernadette gratte avec ses doigts le sable amoncelé. De la roche profonde, une source a trouvé son chemin jusqu’à la main de Bernadette. L’enfant absorbe avec une visible répugnance la première gorgée de cette eau, boueuse encore, et s’en mouille le visage. Comme Jean-Baptiste prêchait la conversion au début de l’Évangile avant le baptême du Christ, l’exhortation de la Vierge à la pénitence est liée à la source qui guérit et donne une vie nouvelle.

La source deviendra bientôt une fontaine intarissable, instrument divin de nombreuses et stupéfiantes guérisons.

La source deviendra bientôt une fontaine intarissable, instrument divin de nombreuses et stupéfiantes guérisons. Elle est une image du cœur du Christ, duquel jaillissent des fleuves d’eaux vives pour nous donner la vie éternelle (cf. Jn 7,38).

Dès le lendemain, la source commence à guérir ceux qui, avec foi, pratiquent la pénitence et s’y abreuvent. Quelques jours plus tard, Bernadette reçoit la mission d’aller livrer son message à son curé: «Allez dire aux prêtres de faire bâtir une chapelle et qu’on y vienne en procession.» Ce dernier la reçoit avec une colère foudroyante. Il ne la laisse même pas terminer son message.

Le 4 mars, dernier jour de la quinzaine, plus de 8000 personnes sont présentes. Déception: rien, ni miracle, ni même un message. L’apparition n’a toujours pas dit son nom, même si tout le monde le devinait déjà.

Immaculada Councepciou

Voilà que le 25 mars, fête de l’Annonciation, Bernadette est attirée de nouveau à la grotte. Elle veut toujours demander son nom à la dame, puisque son curé l’a exigé d’elle comme signe de crédibilité: «Si elle dit son nom, on lui fera sa chapelle, et elle ne sera pas toute petite, elle sera toute grande.»

Quand elle lui apparait, Bernadette lui redemande: «Mademoiselle, voulez-vous avoir la bonté de me dire qui vous êtes, s’il vous plait?» L’apparition sourit, mais ne répond pas. Bernadette répète sa question. Toujours pas de réponse. Elle répète encore à la manière de la veuve inique et, cette fois, la Vierge lui répond: «Que soy era Immaculada Councepciou», c’est-à-dire: «Je suis l’Immaculée Conception.»

Bernadette n’y comprend rien, elle n’a jamais entendu ces mots. Elle court tout de même répéter ce nom énigmatique à son curé, qui lui réplique du tac au tac: «Petite orgueilleuse, tu es l’Immaculée Conception?» Bernadette, confuse, précise: «La dame a dit: “Je suis l’Immaculée Conception.”»

Photo: Alexandre Pelletier

Photo: Alexandre Pelletier

Cette réponse bouleverse le curé Peyramale: le dogme de l’Immaculée Conception a été défini à Rome quatre ans auparavant, et l’abbé saisit bien que Bernadette, illettrée, n’en sait absolument rien. Et il est même le mieux placé pour le savoir!

Reste pourtant une objection: le sens de la phrase prononcée par la dame semble poser problème théologiquement. En effet, si la Vierge est bien immaculée dans sa conception, est-elle pour autant l’Immaculée Conception? Perplexe à son tour, il dit à Bernadette: «Rentre chez toi, je te verrai un autre jour!» Cela n’est pas sans rappeler ce que l’on répondit à Paul prêchant à Athènes (cf. Ac 17,32).

La dame apparaitra une dernière fois à Bernadette le 16 juillet. Les autorités publiques ayant barricadé la grotte pour en interdire l’accès, Bernadette observe de loin, de l’autre côté de la rivière. «Je ne voyais ni les planches ni le Gave; il me semblait que j’étais à la grotte, sans plus de distance que les autres fois. Je ne voyais que la Sainte Vierge.»

La dernière apparition est donc comme la première, priante et silencieuse.

Une vie immaculée

Depuis son commencement, l’Église a graduellement pris conscience que Marie, «comblée de grâce» par Dieu, avait été rachetée dès sa conception. C’est le sens du dogme de l’Immaculée Conception, proclamé par le pape Pie IX en 1854: «La bienheureuse Vierge Marie a été, au premier instant de sa conception, par une grâce et une faveur singulière du Dieu tout-puissant, en vue des mérites de Jésus Christ Sauveur du genre humain, préservée intacte de toute souillure du péché originel.»

Par cette vérité, le mystère de la Rédemption est mieux expliqué, puisque ce privilège manifeste plus clairement que le Rédempteur aide l’humanité à éviter le mal et non pas seulement à le réparer.

L’expression «Je suis l’Immaculée Conception», qui laissa perplexe le curé Peyramale, est fort intéressante. Par cette parole, la Vierge nous pousse à mieux comprendre toute la portée du dogme. Non seulement Marie a joui d’un processus de conception miraculeux, sans trace du péché originel, mais plus encore, c’est toute sa vie qui fut sans péché.

Ainsi, Marie, dont la conception est immaculée, est aussi immaculée dans toute sa vie, sans jamais avoir eu besoin de conversion ou de purification. Le 8 décembre, l’Église ne célèbre pas seulement la conception de Marie dans le sein de sa mère Anne, mais avant tout Marie elle-même, qui fut toujours immaculée depuis le début et jusqu’à la fin. «Marie est l’Immaculée Conception» peut donc signifier qu’elle incarne et réalise cette grâce d’être absolument sans péché.

De même que «construction» peut signifier ou bien le processus ou bien le résultat final, de même «conception» peut signifier le processus de création de Marie ou l’œuvre parfaite de sainteté au terme de cette création. Marie est la Conception un peu comme son Fils est la Résurrection (Jn 11,25). Ce qu’ils ont reçu de Dieu est l’expression de leur identité et de leur mission. C’est son nom même, comme le dit le saint pape Jean-Paul II: «Quand Bernadette lui demanda son nom, elle ne répondit pas “ Marie”, mais: “Je suis l’Immaculée Conception”.»

Ainsi, à Lourdes, la Vierge s’appela du nom que Dieu lui a donné de toute éternité; oui, de toute éternité, il la choisit avec ce nom et il la destina à être la Mère de son Fils, le Verbe éternel. Cette appellation, «Immaculée Conception», est finalement bien plus profonde et bien plus importante que celle dont se servaient ses parents ou les gens de sa connaissance et qu’elle entendit au moment de l’Annonciation: «Ave, Maria!»

Après le concile Vatican II, on croyait que la popularité de Lourdes diminuerait grandement, mais c’est le contraire qui arriva. Les visiteurs, même s’ils ne sont pas tous de fervents pèlerins, sont passés de 1 à 6 millions par année. De très nombreuses guérisons miraculeuses continuent à s’y produire, même si la très vaste majorité n’est pas officiellement reconnue.

Immaculés dans l’amour

Lourdes, Bernadette, les apparitions et les guérisons miraculeuses existent pour fortifier notre foi et notre espérance. Ils sont des preuves extérieures du message intérieur auquel ils renvoient. Ce message peut se résumer par les quatre mots «pauvreté», «prière», «pénitence» et «immaculé».

Par la pratique de la pauvreté, de la prière et de la pénitence, nous pouvons devenir, à l’exemple de Marie, immaculés. Car nous aussi avons été «choisis, dans le Christ, avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints, immaculés devant lui, dans l’amour» (Ép 1,4).

Notre-Dame de Lourdes, l’Immaculée Mère de Dieu, priez pour nous!

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Notes:

(1) Des raisons d’espérer: les miracles et la foi. Les miracles ne sont pas un accessoire de la foi chrétienne dont on pourrait se passer, que l’on pourrait négliger ou, pire encore, ridiculiser. Loin d’être la béquille des ignorants, ils sont, tout au contraire, l’assise rationnelle d’une foi crédible et certaine. Ce sont les esprits les plus scientifiques qui s’intéressent le plus aux miracles, ceux pour qui le fidéisme est une insulte à notre intelligence humaine.

«Les miracles que Dieu réalise par l’intercession des saints sont destinés à soutenir la foi, qui est nécessaire pour avoir accès à la vie éternelle. Le motif de la foi n’est pas le fait que les vérités révélées apparaissent comme vraies et intelligibles à la lumière de notre raison naturelle. Nous croyons à cause de l’autorité de Dieu même qui révèle, et qui ne peut ni se tromper ni nous tromper. Néanmoins, pour que l’hommage de notre foi soit conforme à la raison, Dieu a voulu accompagner les grâces intérieures du Saint-Esprit de preuves extérieures de sa Révélation.

«C’est ainsi que les miracles du Christ et des saints, les prophéties, la propagation et la sainteté de l’Église, sa fécondité et sa stabilité sont des signes certains de la Révélation, adaptés à l’intelligence de tous: ils constituent des motifs de crédibilité et démontrent que l’assentiment de la foi n’est nullement un mouvement aveugle de l’esprit» (Catéchisme de l’Église catholique, no 156).

L’esprit rigoureux ne peut nier l’existence des miracles à priori, mais il doit au contraire tirer les conclusions qui s’imposent quand il les reconnait. À ce sujet, le docteur Olivieri, président du Bureau médical de Lourdes de 1959 à 1971, écrivait: «Je sais bien que, dans certains milieux, la pensée même du miracle parait démodée et impensable. Aussi, lorsqu’on parle devant ces personnes de guérisons miraculeuses, elles ont toujours une réponse toute prête: ces faits, disent-elles, ou bien n’ont pas été étudiés, ou bien s’expliquent par toutes sortes de causes naturelles… ou bien seront explicables plus tard…

«Finalement, ce qui est commun à toutes ces explications, c’est cette raison fondamentale à priori que le miracle, cela n’existe pas. À cela, je puis répondre: le miracle, cela existe. Comme le reconnaissait le grand Alexis Carrel, les guérisons de Lourdes sont un fait contre lequel aucune affirmation ne peut tenir.»

Ces 18 apparitions de l’Immaculée à Bernadette et ces 69 miracles flamboyants officiellement reconnus sont pour nous une preuve supplémentaire que Dieu n’est pas indifférent au sort des hommes. «Soyez prêts à tout moment à présenter une défense devant quiconque vous demande de rendre raison de l’espérance qui est en vous» (1 P 3,15).

(2) La vie de Bernadette. Le 28 juillet, l’évêque publie une ordonnance instituant une commission d’enquête sur les apparitions.

Lors d’une première réunion au mois d’aout, sept guérisons remarquables sont alors retenues comme inexplicables par la science.

Le 7 décembre 1860, l’évêque interroge Bernadette devant la commission d’enquête. Il est profondément impressionné par elle et s’exclame: «Avez-vous vu cette enfant?» Le 18 janvier 1862, il publie sa conclusion en spécifiant que c’est sa ferme conviction, sans toutefois engager le magistère de l’Église: «L’Immaculée Mère de Dieu a réellement apparu à Bernadette.»

Quelques années plus tard, le 4 juillet 1866, Bernadette quitte Lourdes pour entrer en vie religieuse chez les Sœurs de la Charité et l’Instruction chrétienne à Nevers. Ce fut le seul voyage de sa vie. «Je suis venue ici pour me cacher», dira-t-elle.

Après avoir joui de nombreuses apparitions de la Vierge Marie, Bernadette aurait pu se prévaloir de ce privilège pour se mettre en avant. Au contraire, elle a donné un exemple de profonde humilité qui constitue une leçon particulièrement importante pour notre époque. Sa vie sera très pénible, comme le lui avait prédit la Vierge. Parlant de ses atroces douleurs aux os, elle remarque: «C’est bien douloureux, mais c’est bien plus pénible… les peines intérieures.»

Bernadette meurt à 35 ans, le mercredi de Pâques 1879. Le pape Pie XI la béatifiera en 1925 et la canonisera en 1933, non en raison des apparitions dont elle a été le témoin, mais à cause de sa charité et de sa vie religieuse héroïque.

À propos de l'auteur

Simon-Pierre Lessard

Jeune consacré avec les Missionnaires de l'Évangile, Simon-Pierre Lessard est un ami de Dieu et des hommes, un passionné de contemplation et de mission. Féru de philosophie et de théologie, il aime entrer en dialogue avec tous les chercheurs de vérité. Il nous partage fréquemment, sur papier et sur écran, le fruit de sa contemplation.

2 Commentaires

  • Merci pour votre commentaire sur le sens de l’Immaculée Conception comme parole donnée par Marie à Bernadette et au monde. Je crois son témoignage mais l’interprétation de cette parole m’a toujours posé problème. J’ai souvent eu l’impression que même de grands dévots à la Vierge sont embarrassés de l’expliquer.

  • Je sais que des guérisons inexpliquées ça existe, peu importe la religion à laquelle on appartient. Par contre, les miracles de guérison physiques par l’intercession divine, ça fait partie des croyances. L’Église catholique a longtemps récupéré ces croyances populaires dans le passé. Mais aujourd’hui elle tend graduellement à changer de discours. Ainsi, on pourrait dire qu’il y a deux catégories de cathos, ceux qui croient aux apparitions et aux miracles et ceux qui n’y croient pas.

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